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UNE FILLE BIEN d'Holly GODDARD JONES :

    L’éditeur Albin Michel a publié simultanément deux recueils de nouvelles de très haut vol. Ils appartiennent à cette littérature américaine qui paraît aller de soi tant la simplicité de son style et l’ordinaire des situations nous touchent.  Nous avons chroniqué Le livre de la vie de Stuart Nadler qui annonce sans doute aucun un grand écrivain mais nous ne pouvions pas rester plus longtemps sans mettre en avant le recueil d’Holly Goddart Jones intitulé Une fille bien. 

   On ne sait trop comment la littérature américaine peut produire autant de livres forts mais nous devons lui reconnaître de savoir faire émerger des talents qui ne craignent pas l’ombre des grands aînés.  Une fille bien est un recueil de 8 nouvelles d’une infinie profondeur qui nous plonge dans une Amérique où viennent se croiser le grand fleuve de l’ennui et la rivière de la frustration.   Chacune des nouvelles a pour théâtre la petite ville de Roma dans le Kentucky,  Une de ces villes tellement petites et insignifiantes que ses adolescents devaient inventer de fausses rivalités juste pour avoir quelque chose à faire.” Tout le talent d’Holly Goddart Jones tient dans la justesse d’une écriture qui narre les petits faits caractérisant des vies qui naissent et meurent si loin du vaste monde. 

   Pourtant il arrive que le hasard surgisse et vienne bouleverser le cours des choses. Sans doute Holly Goddart Jones s’amuse-t-elle de ces surgissements de l’improbable qui rompent l’équilibre de surface : “ Libby apprit que son ex-mari était retourné s’installer là où ils avaient vécu  de la façon dont on recueille ce genre d’information à Roma, Kentuky : par une connaissance presque insupportable, dans le super Walmart,  au point de rencontre malheureux entre hasard et rayons des produits congelés.”  L’auteur sait jouer d’une ironique tendresse à l’endroit de ses personnages de la classe moyenne plantés au coeur d’une Amérique faussement tranquille.  Les postes de télévision ronronnent mais la trahison, l’amour et la mort  rôdent autour des paisibles demeures de Roma. Ajoutons qu’Holly Goddard Jones mêle à la fluidité de son écriture des notations qui renvoient à une sagesse universelle qui s’adresse à chacun d’entre nous.  380 pages qui n’en paraissent guère plus que le quart tant le bonheur de lire se renouvelle à travers la succession des nouvelles, nous laissant malheureux  d’arriver finalement au point final.

  Au passage, il faut rendre hommage à l’excellente  traduction d’Hélène Fournier qui a su rendre la quintessence du style de l’auteur : “Les filles de la ville étaient les pires du monde quand il s’agissait de tomber enceintes accidentellement, et elles affublaient leurs gamins de prénoms tels que Kennedy, Madison ou Jefferson, comme si ces bébés étaient destinés à vivre dans une maison luxueuse de Dellview et non pas dans un logement social ou dans un de ces immeubles locatifs décrépits construits près de l’usine de confection.”

  Une fille bien mérite  que vous lui consacriez vos meilleures heures de lecture…

 

ARCHIBALD PLOOM 

 © Culture-Chronique --                                                

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