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CHÂTEAU-ROUGE HÔTEL de Renaud BUREL :

 Après 101 pages laborieuses  de « Faillir être flingué », morne et surestimé  western littéraire  de Céline Minard étouffant toute tentative de danse de la pluie, c’est sans grande conviction que j’ouvris « Château-Rouge Hôtel », lasse par à priori d’une historiette Bukowskienne de plus sur la rive droite de Paname la cradingue. Une fois mon cri de guerre poussé contre ce Ménilmontant déserté de sa poésie d’antan, je me dois de passer aux aveux.

« Château-Rouge Hôtel » est un court et vertigineux récit habité par le feu sacré et la grâce de son auteur - Renaud Burel - dignement mort trop jeune d’alcool et d’amour sur les trottoirs d’une cité camisolant ses fous à défaut de les laisser pousser leur  kiai.  Oui, si en vous buissonne encore un vagabond instable sur ses deux jambes et le cœur en diagonale, vous tomberez en amour pour le narrateur de château rouge Hôtel, qui gagne haut la main ses galons de jeune homme chic semant des pépites de désespoir et  de romance.

Rien de bien nouveau dans ce récit sous alcool fort, si ce n’est une poésie d’une telle sincérité qu’elle force l’admiration et vous invite à suivre dans ses pérégrinations  éthyliques ce grand sorcier de jeune homme. Et pourquoi pas pour les plus aventureuses à finir dans son lit pour rebâtir un monde dans lequel  bohémiens et bohémiennes seraient les nouveaux nababs. Car c’est bien sa vie qu’il nous raconte, Renaud Burel. Une vie triste et belle. Une vie hantée de femme-fées, de typhons d’émotions, de philosophes assassinés par le néant, de comptoirs abîmés d’ennui, de psychotropes, de lunes sans réverbères. Un petit monde en lunettes noires bien trop sensible pour faire de vieux os où rugissent encore les fulgurances d’une illusoire jeunesse.

Amoureux solitaire, grand chat écorché habitué aux TS extrêmes dont l’une aura la peau de son estomac, Renaud Burel a le pouvoir magique d’écrire autrement ce bon vieux romantisme étouffe chrétien. Avec lui, l’amour reprend  enfin ses véritables ailes. Celles du désir.

Véritable coup de cœur stylistique de cette rentrée littéraire, ce récit  d’une folie plus douce que satanique vous laissera sur le carreau émotionnel et force est de constater que les Editions ALLIA ont décidément du flair pour repérer de jeunes romanciers qui redonnent du pouvoir à la poésie.  A découvrir et lire avec intempérance.

 Astrid MANFREDI (2013)

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