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ROAD TRIPES de Sébastien GENDRON :

Le narrateur, c’est Vincent. Il est intelligent et cultivé. Pourtant, il a tout raté : son métier de dentiste, sa carrière de musicien doué, et pour finir, son mariage … 

Retour à la case départ donc, chez papa-maman. La dépression est latente.
Il a tout perdu.

Lors d’un petit boulot de distributeur de prospectus, il rencontre Carell, un type laid, grossier, inculte et complètement amoral.
Et en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, voilà Vincent embarqué dans un hallucinant et sanglant road trip de 4 000 km, entre Bordeaux et Montélimar, avec Carell au volant.
Vous me direz, il n’y a pas 4 000 km entre Bordeaux et Montélimar. Certes.
 Mais Carell sait s’y prendre pour allonger les trajets, et lorsque que l’on est poursuivi par les membres d’une secte et par un collectionneur de R16, animés par un meurtrier désir de vengeance, on est souvent obligé de faire des détours … C’est le prix à payer quand on voyage en compagnie d’un acolyte totalement branquignolesque, dont la particularité est d’agir sans réfléchir.

 

« Est-ce que ce type est vraiment en train de faire ce que tu crois qu’il est en train de faire ? » se demande Vincent.

La réponse est OUI …

Le duo que tout oppose, on en a déjà vu au cinéma : Lino Ventura/Jacques Brel, Gérard Depardieu/Pierre Richard, et tant d’autres, traités avec plus ou moins de finesse.

De fait, Road Tripes déborde de références cinématographiques : « J’étais en train de comprendre ce grand sentiment de liberté qui suintait des road movies américains. Carell et moi, on était Peter Fonda, Dennis Hopper, James Taylor, Warren Oates, Robert Blake, Barry Newman : les aigles du bitume, les seigneurs de la ligne discontinue, les princes du pot d’échappement. »

Les dialogues ? Du Audiard mâtiné de Tarantino :

« T’es pas Gandhi.
-- Gandhi ? L’autre nègre qui est en taule en Afrique du Sud ?
-- Non, lui c’est Mandela. Et ça fait vingt-deux ans qu’il est sorti de prison.

- Quoi ? Il s’est échappé ?

Voire même tout droit sortis de la série « Bref » :
« Je l’ai regardé. Il m’a regardé. Il s’est rabattu les cheveux vers l’avant et il a louché. Mal. »

Road Tripes est bien écrit, très bien écrit. Mais il se voit et s’entend, plus qu’il ne se lit. C’est un pur road movie qui vous emporte dans un tourbillon de situations tantôt burlesques et surréalistes, tantôt dramatiques et déjantées. Ca surprend. Tout le temps.
L’imagination de Sébastien Gendron semble ne pas avoir de limites.

Pas de limites à sa consommation donc …

… Sauf peut-être pour les fans de Johnny :

« J’étais sans doute allé un peu loin avec Johnny Hallyday. Après tout, ça ne faisait que cinquante ans que ce chanteur à la voix de scie sauteuse polluait les ondes … ».

Et ça, c’est la plus édulcorée des critiques sur Johnny …
Vous êtes prévenus.

BETTY JUSTE (2013)

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