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SI TU NOUS REGARDES de Patrice GUIRAO :

  « Crois le,  Lyao –Ly, Si tu nous regardes, Tu vois, Rien n’est perdu. »

En voilà une manière de concevoir une série !  Un bout de phrase un roman. Nous voilà donc avec « Si tu nous regardes » en plein milieu du gué.  Un premier pas sur le rocher « Crois-le » un deuxième sur les sables émergeants de « Lyao-Ly » et l’auteur nous prend par le foie pour nous poser à la mi-temps du lit  avec  son troisième volet « Si tu nous regardes ».

Il me faudra attendre  les deux derniers opus pour atteindre la rive. 

Du polar ? A voir !

  Un conseil, il faut enter dans l’univers ensoleillé de la série sans idées préconçues.  Patrice Guirao a une façon toute personnelle de traiter le genre. Les codes sont balayés sans vergogne.  Et finalement ça fait du bien.  On se sent bien chez lui dans son univers peuplé de personnages hauts en couleurs et aux âmes pas toujours bien nées. Des  êtres souvent en marge du système et qu’il croque avec une tendresse communicative. Prêtres sorciers,  mamas opulentes, escrocs repentis, bandits vieillissants, lépreux sarcastiques, travestis à la retraite trafiquants attardés, gothiques déjantés et autres trublions squattent la série avec jubilation. Un joli panier de langoustes qui se marchent sur les pinces. Normal ! Tout ce petit monde évolue sur un petit bout d’île à l’autre bout du monde. Au bout du bout du monde, là où nous, occidentaux, avons figé notre vision d’un paradis sur terre : la mythique Tahiti.

Une vision qui sous la plume de l’auteur  prend un petit coup dans l’aile ! Je le trouve plutôt mal fréquenté, moi le paradis !

Voire par moment possédé !

Dans ce 3e opus, intitulé Si tu nous regardes, on retrouve les piliers des deux épisodes précédents : Toti, Sando, Al, Mamie Gyani, Lyao-ly et bien entendu quelques cadavres, pas exquis du tout, pour poser le décor.

 Ils sont tous là au beau milieu d’une double enquête qui s’annonce compliquée et dangereuse pour Al. Patrice Guirao les maintient en immersion dans une fresque sociale esquissée à l’encre de l’humour. Encore faut il aimer cet humour. Moi j’adore.

Visiblement l’auteur prend autant de plaisir à écrire ses romans, que j’en ai trouvé à les lire.  Quelques mots sur l’histoire. En deux lignes. Des cadavres flottent sur le lagon devant la belle maison coloniale de mamie Gyani . Pourquoi devant chez elle ? La maman d’Al est elle visée par le meurtrier ou impliquée dans ces meurtres?

 Al Dorsey mène la danse, mais il n’a pas droit au faux pas, étant lui même impliqué dans un trafic de drogue qui prend ses racines dans les grottes de l’île de Pâque. Et comme si cela ne suffisait pas il regarde impuissant l’amour de sa vie lui filer entre les pattes.  Moi je l’aime bien Lyao Ly la belle manchote amnésique aux yeux en amande pour laquelle Al ira en enfer. Un amour impossible qu’il poursuit sans relâche depuis le début de la série.

Patrice Guirao a cette faculté  étonnante de nous faire oublier toutes nos idées reçues, tous les clichés sur Tahiti . Il nous entraine  au sein d’ un pays vrai, vivant et  nous laisse entrevoir ses imperfections ses failles ses détresses. Il nous invite  à écouter les battements de son cœur pour nous conduire sur le chemin tranquille et tendre du quotidien. Il sait saupoudrer son écriture de poésie et d’humour sans intellectualisme déplacé. Sans se prendre au sérieux   et c’est plutôt agréable. J’ai embarqué avec plaisir sur sa pirogue à balancier et  il m’a emmenée  visiter la mer. Oui comme on rend visite à une amie.  Et puis j’ai cueilli des citrons verts sous un rideau de pluie  loin des Tahiti douche ! Un bien joli voyage. J’en ai oublié d’éteindre la lumière et au petit matin j’étais en manque. Moi je dis oui à la   pentalogie, à l’ hexalogie, à l’ heptalogie et pourquoi pas à une décalogie ? Tant que Tahiti l’inspirera, rien ne semble pouvoir arrêter Patrice Guirao : ça tombe bien, on en redemande. Moi j’ai souri, j’ai ri, je me suis attendrie et j’ai rêvé. Pour ne rien cacher : j’ai adoré

DELPHINE DESLIEUX (2013)

 

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