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LA GRANDE GUERRE VUE DU CIEL de Michel BERNARD :

Un million quatre cent mille Français ont été tués pendant la première guerre mondiale et la presque totalité sur le sol de la patrie qu’ils défendaient.  Certaines régions de France sont devenues leurs mausolées et la terre a conservé les marques des bouleversements que la guerre lui a imposés. Maurice Genevoix a écrit “ Il faut avoir senti, à la poussée du parapet contre l’épaule, la brutalité effrayante d’un percutant qui éclate, avoir entendu pendant des heures, du fond de l’ombre, en reconnaissant toutes leurs voix,  monter les gémissements des blessés ; avoir tenu contre soi un garçon de vingt ans,  la minute d’avant sain et fort, qu’une balle à la pointe du coeur n’a pas tué tout à fait sur le coup et qui meurt, conscient, sans une plainte, les yeux ouverts et le visage paisible, mais de lentes larmes roulant sur ses joues.”

Michel Bernard qui a consacré une grande partie de sa vie à la première guerre mondiale nous propose un ouvrage composé  de photographies aériennes des hauts lieux de ce conflit.. Photographies de cette terre de France que les canons ont retournée pendant quatre années d’enfer.  Comme l’écrit si bien l’auteur : “Des centaines de milliers d’hommes sont en nous, que  notre existence prolonge. D’eux nous ignorons presque tout. Il y a dans notre mémoire, les silhouettes familières des grands-parents, leurs voix, leurs sourires, leurs gestes habituels. (…) Au delà, ce sont des générations d’hommes et de femmes invisibles, tous disparus, l’enorme foule indifférenciée dont nous sommes venus”. C’est de cette France que nous parle cet ouvrage à l’iconographie tout à fait exceptionnelle.

Certains clichés sont vraiment impressionnants comme par exemples le fameux Lochnagar Crater, l’église de Monfaucon, les tranchées de Baumont-Hamel ou encore la fameuse côte 304. 

Le texte de Michel Bernard, parfois lyrique, mais surtout ancré au coeur des terres profondes, celles dans lesquelles les soldats se sont enterrés parfois pour l’éternité, offre une méditation qui nous entraîne bien au-delà de la seule évocation du conflit lui même. C’est bien plus en vérité, une réflexion sur le sens de l’histoire des êtres que nous sommes, forgés par les générations successives des ancêtres qui résonnent en nous.  Réflexion aussi sur les paysages que la guerre a recomposés, “ces mots dont nous désignons le paysage, c’est le souffle humain qui passe dans la froideur des choses et la vie dans ce qui est mort…”.

Cet ouvrage est à la fois un beau livre et un grand texte  unissant solennité, évocation et réflexion  qui au détour d’une phrase nous fait prendre conscience de ce que vécurent les poilus  : “La guerre durera toujours,  disaient les soldats,  parce que chacun de nous sera mort avant d’en voir la fin”. Un livre qu’aurait certainement célébré Yves Gibeau et que tous les amateurs d’histoire consulteront avec bonheur.

ARCHIBALD PLOOM (2013)

 

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