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CINQ MEDITATIONS SUR LA MORT de François CHENG :

Le titre du nouvel essai de François Cheng “Cinq médidations sur la mort” - qui suit “Cinq méditations sur la beauté” - pourrait rebuter.  Voilà bien la seule réalité que la plupart des êtres humains n’ont guère envie d’examiner de près. La mort est toujours associée à la douleur, à la perte et souvent au désespoir.  Mais ce serait une erreur de considérer cet essai de ce point de vue, ni d’ailleurs de l’aborder comme un message sur “l’après-vie”. Rien de tout cela en vérité.  

Ce texte qui est divisé en cinq parties, dont la dernière regroupe une série de poèmes d’une grande simplicité mais à la prosodie étincellante, correspond à une série de conférence que le poète et écrivain d’origine chinoise donna devant un parterre de quelques amis venu l’écouter dans une petite salle.  Il s’agit moins d’un enseignement que d’un partage bienveillant sur une question qui concerne  chacun d’entre nous .

   Cheng en érudit-poète convoque Victor Hugo, Camus, Keats, Dante, Goethe, Hoderlin, Novalis, Heine et son cher Rilke pour approcher  ce qui constitue le destin de l’humanité : à peine né  nous sommes déjà suffisamment vieux pour mourir.  Cheng n’hésite pas d’ailleurs à faire des incursions éclairantes dans la pensée chinoise qui “pour désigner ce qui est dévolu à chaque vie, propose la notion de “mandat du Ciel”. Chacun se doit d’assurer ce mandat jusqu’au bout, sans l’interrompre artificiellement. C’est en affrontant justement les épreuves de ce “bout” que l’être se révèle à sa vérité irréductible, à sa part irremplaçable.”  C’est donc de ce fameux “mandat du ciel” que François Cheng se propose de nous entretenir tout au long de ces 5 méditations dont la mort en vérité donne tout le prix. Comme il l’écrit dans sa seconde méditation : “l’absolu de la vie  signifie que, s’offrant en don à chacun, elle est aussi une exigence.”

   Cette exigence première va traverser la totalité des 5 méditations éclairant notre propre reflexion sur ce que Cheng va qualifier de “pétrin” dans lequel nous sommes englués : quoi qu’on fasse la vie se termine inéluctablement par la mort. Mais il nous propose une vision qui renverse notre perception de l’existence humaine puisqu’elle nous invite à envisager la vie à la lumière de notre propre mort.  “La conscience de la mort nous invite aussi à répondre à un autre besoin fondamental : celui du dépassement de nous-mêmes, qui est en lien avec le désir de réalisation, de façon plus exaltante ou plus radicale .”

   Ainsi François Cheng nous offre-t-il une vision de la vie et de la mort où la beauté et l’engagement personnel transcendent la conscience même de notre propre fin : “Oui, il n’y a qu’une seule aventure, et si chacun de nous n’a qu’une seule vie, toute la Vie est une . Avoir été est un fait éternel, parce que cela fait partie de la sublime promesse : “Je serai qui Je serai.” ”

Ces “Cinq méditations sur la mort” est un livre fort qui renvoie à notre inexorable destin mais nous rappelle que chacun d’entre nous s’il ne possède pas les vers ultimes du poème a reçu en partage le don d’écrire le sien propre qu’il pourra amender jusqu’au moment de son dernier souffle.

 

                           “Ce sentier qu’une nuit

                                             Nous avons parcouru

                            Tu le prolongeras

                                              Enfant de mon regard

                             Par-delà la forêt

                                               Dort peut-être un étang

                              Ou une plage errante

                                                Au gré de hautes vagues

 

                               Ce sentier constellé

                                                  Tu le prolongeras

                               Malgré vents et rosées

                                                    enfant de ma mémoire

                                De ce côté de l’automne

                                                      a enfoui son secret

                                 En toi le temps s’envole

                                                    fou d’appels d’oies sauvages “

                                                                 François Cheng

 ARCHIBALD PLOOM

 © Culture-Chronique --                                                

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