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CHEVALERESSES et Sophie CASSAGNES-BROUQUET :

Savez-vous qu’il existe deux mots pour qualifier les femmes chevaliers : chevalière ou chevaleresse.  On comprend donc à travers ces deux termes que  la réalité de la chevalerie pouvait se conjuguer aussi au féminin. Sophie Cassagnes-Brouquet à travers son ouvrage intitulé « Chevaleresse – Une chevalerie au féminin »  montre justement comment  les femmes, en particulier les aristocrates peuvent être présentes,  malgré un stéréotype de la guerre  très profondément masculin,  dans les tournois ou les ordres militaires.

   En réalité les femmes exerçant un pouvoir ne sont pas exceptionnelles au Moyen Age et en particulier les épouses et les mères peuvent se retrouver sur le devant de la scène politique sans se départir de leur rôle « féminin » dans la société féodale. Pour certains auteurs de l’époque  ces femmes seraient nées avec certains traits physiologiques masculins qui les rendraient capables  d’agir comme où mieux que les hommes.  Dans ces Etymologies Isidore de Séville (vers 560-636)  définit la virago comme une femme qui a la vigueur de l’homme et cite en exemple l’Amazone.  Ainsi Adèle, fille de Guillaume le Conquérant, née en 1067 et mariée au comte de Blois est qualifiée à quatre reprises de virago par ses contemporains.

   La croisade est presque toujours présentée comme une affaire d’homme. Cependant les documents laissent entrevoir  la présence de femmes en assez grand nombre parmi ses rangs. Par ailleurs Sophie Cassagnes-Brouquet qualifie « d’irrésistible » l’entrée des femmes dans les ordres militaires religieux ce qui constitue en soi une intéressante découverte pour les non spécialistes.  Selon  elle l’entrée des  femmes dans les ordres militaires et religieux  emprunte des solutions  déjà expérimentées pour bon nombre d’ordres monastiques. « Les laïcs, hommes et femmes peuvent se donner à une maison religieuse  comme oblats, confrères et consœurs, ou donnés et données. Ils concluent avec  elle un contrat qui précise clairement les obligations de chaque partie. » 

   Pour les femmes de l’aristocratie anglaise ou française, l’état de guerre quasi permanent signifie  l’absence des hommes, temporaire ou définitive et, bien souvent la nécessité  de faire par elles-mêmes. Le climat guerrier du XIV eme siècle leur donne l’occasion de faire preuve de leur talent militaire comme le fit par exemple Jeanne de Montfort, Isabelle MacDuff ou notre célèbre Jeanne D’Arc.

       Pourtant les chevaleresses disparaîtront progressivement des chroniques guerrières  pour célébrer dans les siècles suivants d’autres vertus féminines que sont l’humilité, l’obéissance et la chasteté.

      Cet ouvrage remarquablement documenté nous permet de découvrir  ces femmes qui partagèrent l’idéal chevaleresque et qui, si elles constituèrent des exceptions dans un univers fortement masculinisé n’en furent pas moins des héroïnes  qu’il convenait de mettre en évidence, ce que fait Sophie Cassagnes-Brouquet avec beaucoup de talent.   

ARCHIBALD PLOOM 

 © Culture-Chronique --                                                

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