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SEANCE 86 : SPINOZA OU LA PSY ? :

Je me suis demandé ce matin si je pouvais remplacer ma psy par Spinoza ?

J’ai découvert le CD audio «  Selon le cœur » que j’ai déjà dû écouter et réécouter plusieurs fois  afin d’en tirer la substantifique moelle.

De ces écoutes je retiens comme enseignement  sa vision du Monde  à travers « la sagesse de l’amour. »

Certes ma psy me parle de temps en temps,  mais le plus souvent elle ponctue avec son menton, ou ses croisements de jambes.

Spinoza quant à lui ne me dira rien, jamais il ne m’interrompra, ne prendra de notes, n’aura à maîtriser ses mimiques, et ne me dira « la séance est terminée pour aujourd’hui. » 

En revanche je vais pouvoir l’écouter dans mon auto, chez moi, sur mon ordi.

Il est un psy de substitution portable.

Certains prétendront qu’il y a  des références plus actuelles, plus modernes.

Aller chercher les propos d’un mort pour éclairer mon présent peut paraître paradoxal.

En même temps, l’idée de s’approprier la pensée d’un philosophe pour construire sa propre pensée me semble judicieuse et pleine d’humilité.

Peut-être est ce simplement le propre du paresseux.

Je me revendique paresseuse si cela peut me faciliter la vie, alléger mon esprit. Je suis de nature à  mouliner en permanence sans que je n’aie à fournir de grain à moudre à mon esprit,  il  a la manie de s’auto-alimenter.

Alors je suis preneuse si Spinoza est une bonne solution, j’adopte.

Je veux prendre Spinoza comme livre de chevet, comme bible de vie, comme  livre de recettes, comme carnet de bord.

Quel égocentrisme que de penser que je puisse m’en faire la porte-parole, quelle prétentieuse que de me croire capable de porter ses mots en moi, d’en faire ma propre expression et à travers ses yeux de regarder mon monde.

Je suis devenue « Spinozette » alors que  petite je rêvais d’être Fantômette.

Comme quoi les rêves évoluent.

Il ne faut jamais refuser un changement de cap sous prétexte qu’il n’avait pas été choisi initialement .

Moi je privilégie toujours, quand c’est possible la solution qui me convient le  mieux !

Celle qui m’apportera la vie la plus douce.

Je n’ai aucune envie de vivre  dans un shaker ou dans une bouteille d’Orangina ; j’aurais le mal de mer.

Déjà que le train me met le cœur au bord des lèvres.

Et à  propos  de cœur je vais me faire une piqûre de rappel  « de selon le cœur. »

Je deviens addictive à Spinoza, à ma prochaine séance je demande à ma psy si c’est grave.

 ALICIA RAHO 

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