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LA MEMOIRE EST UNE CHIENNE INDOCILE d'Eliott PERLMAN :

Elliot Perlman est un virtuose de la construction narrative. Evidemment “La mémoire est une chienne indocile” est un roman beaucoup plus court que “Guerre et paix” mais ses presque 600 pages sont une belle leçon de littérature. Récit ambitieux que la littérature française est bien incapable de produire de nos jours, préférant des points de vue resserrés et des récits ectoplasmiques mais c’est un autre problème.  L’écrivain australien base sa narration sur des rencontres improbables entre des personnages dont les destins n’auraient normalement jamais dû se croiser. Quoi de commun entre les 4 personnages principaux du roman ? Lamont William un jeune noir du Bronx qui a fait pas mal de bêtises et qui est en période de probation au sein du service d’entretien du centre de cancérologie de Manhattan, Monsieur Mandelbrot un vieil homme atteint par un cancer en phase terminale et qui survécut autrefois au camp de la mort, Adam Zignelick en pleine déroute existentielle perdant quasi simultanément l’amour de sa vie et son poste de professeur à Columbia et enfin Henry Border, qui s'est rendu en 1945 à Auschwitz pour recueillir des témoignages de rescapés. Le binôme Lamont William et Henry Mendelbrot fait écho à celui d'Adam et d’Henry Broder.

   L’écriture d’Elliot Perlman, fort bien traduite par Johan-Frederik Hel Guedj,  est souvent  éblouissante  et nous livre des pages de fort belle facture : «  Elle était la seule dans sa vie à se soucier assez de son sort pour qu’il lui mente, telle fut la pensée qui lui vint à l’esprit en raccrochant, et il regagna sa place dans la file d’attente. A son retour, il vit qu’elle avait laissé un mot sur la table de la cuisine, où elle expliquait qu’il y avait une assiette pour lui au réfrigérateur. À côté du mot, il y a avait un verre de jus de pomme Seneca, laissé là exprès pour lui, comme quand il était enfant. On avait complété ses agrafes pour un pansement, et ce fut ce bandage que vit sa grand-mère le lendemain matin, avant qu’ils ne partent tous les deux travailler. Au travail, personne ne remarqua sa blessure ou ne songea à la commenter avant un bon moment. Il effectuait ses tournées en ramassant les détritus des chambres des patients, aussi silencieusement et discrètement que possible, quand il entendit une voix s’adresser faiblement à lui depuis l’une des chambres. »  Grand style en vérité où le soin du détail est serti dans une phrase puissante qui fait avancer le récit  avec un soin pointilliste.

    Elliot Perlman  fait jaillir  tout au long du récit une myriade de personnages liés au destin personnel de Lamont et d’Adam dans un New York contemporain, chacun possédant une histoire liée à notre humanité et parfois à sa barbarie.  Grand roman des profondeurs humaines « La mémoire est une chienne indocile »  vaut qu’on lui consacre  le temps nécessaire à sa lecture et que l’on en parle à ceux qui savent prendre le temps de savourer de grandes œuvres littéraires…

ARCHIBALD PLOOM  

 © Culture-Chronique --                                                

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