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LE CAFÉ DU COIN de Sait Faik ABASIYANIK :

En ouvrant Le café du coin, vous entrez dans la Turquie du milieu du XXème siècle. Elle n’est pas encore le lieu touristique qu’on connait de nos jours. Vous y croiserez les plus petits, les enfants, les malades, les chômeurs, les petits travailleurs qui se tuent à la tâche, les exclus, les minorités.

Dans la préface de ce recueil de nouvelles paru en 1950 en Turquie et réédité récemment en France, Enis Batur, poète et éditeur turc nous parle de la personnalité de Sait Faik Abasiyanik. Cette préface donne un éclairage intéressant sur les récits qui suivent.  Ecrivain solitaire et secret, Sait Faik a passé sa vie entière sur la petite île turque de Burgaz, le « port-utérus, le refuge », la terre de sa mère. Il est mort à 48 ans consacrant sa vie à l’observation de ses semblables et écrivant ou rêvant leurs histoires. Le personnage  est à l’image de ses nouvelles : sa vie est simple, il flâne dans la Turquie des années quarante, il aime l’alcool, le tabac, les nuits torrides et les journées à ne rien faire. Toutefois, cette vie prend  de l’épaisseur lorsqu’il observe les petits riens et qu’il en extirpe les grands émois, les déchirures, les désespoirs.

Dans les nouvelles qui suivent, on l’imagine arpenter les ruelles de cette ville sous le soleil, ou encore celles d’Istanbul, à l’époque où les touristes ne s’y bousculent pas encore. On l’imagine tuant le temps, flânant de bar en port,  observant tous ces personnages qui deviendront les « héros » malgré eux de ses histoires. Ce sont les rapports quotidiens des hommes que croque Sait Faik. Il dépeint avec réalisme les relations les plus banales entre les gens, les scènes dans le café du coin, celles du quotidien, une rencontre au hasard d’un port, le fait de choisir un passant dans la rue pour demander un renseignement.  

On ressort de ces nouvelles empreints d’une douce mélancolie, celle de la Turquie du siècle dernier, celle qui nait de ces rencontres,  entre humanisme et désespoir, entre empathie et mépris.

C’est en définitive un livre qui se lit comme on flânerait dans les rues d’Istanbul.

 Paule DELPEUX (2013)

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