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JE M'APPELLE EUROPE de Gasmend KAPLLANI :

Dans  ce petit récit subtil, Europe est le prénom du premier amour grec du narrateur albanais qui émigre en Grèce.

Au-delà de ce premier amour en terre étrangère avec Europe, cette jeune fille si grecque,  c’est la relation très particulière à une nouvelle vie, à un pays dont on ne connaît rien, pas même la langue que  dépeint l’auteur en faisant des parallèles avec la vie amoureuse. On chercherait donc à séduire une terre comme on séduit l’autre :

« Lorsqu’ils sont confrontés au rejet, certains se replient sur eux-mêmes et parviennent à se forger une carapace. D’autres le refoulent et enterrent leur moi antérieur. …

Il y a enfin ceux qui s’obstinent, ceux dont l’appétit de conquête est aiguisé par le fait d’être exclus. Ils ne répondent pas au rejet par le rejet mais par le désir de séduire ».

Le personnage de Gazmend Kapplani fait partie des derniers. Il  décrit les premières rencontres, les premières désillusions, les petits  boulots pour tenir le coup, les espoirs aussi, l’envie de démarrer une nouvelle vie, de croquer ce nouveau pays à pleines dents.

Ce livre est fait pour tous ceux qui ont vécu ce déracinement, cette souffrance du rejet, cette renaissance aussi dans les yeux de l’autre, de sa langue, de ses codes.

Il s’adresse également à nous tous qui accueillons de gré ou de force cet autre qui habite au coin de la rue, nous qui portons un regard différent sur celui que tout sépare de notre culture, de nos coutumes, que nous cataloguons d’étranger avant même d’avoir vu son regard perdu ou sa quête de reconnaissance. 

Ce livre raconte ce rejet, cette solitude mais pas seulement. Il est aussi parfois très drôle, tel ce passage où le narrateur répond à un grec qui lui dit la phrase convenue en Grèce après Pâques, « Christ est ressuscité », « Merci beaucoup ! Vous aussi ! » ou encore cette séance dans un cinéma porno que je vous laisse découvrir.

Le rythme du récit est soutenu. L’auteur alterne les passages de sa propre intégration en Grèce avec le récit d’autres déracinements, comme autant de témoignages directs de l’histoire de pays tels que l’’Iran, l’Afghanistan, le Vietnam, l’Arménie.

Subtilement, les témoins sont choisis parmi des convictions politiques, des religions, des âges différents, faisant écho au texte central comme pour nous dire que ces histoires ne sont pas celles d’un seul homme mais de tous ceux qui ont quitté leur terre natale. 

En une centaine de pages, et malgré le réalisme des situations dramatiques, ce texte vous fera passer son énergie, sa foi en l’être humain, son espoir et sa douce ironie.

 Paule DELPEUX (2013)

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