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MAUVAISE ETOILE de RJ ELLORY :

Avec son nouvel opus « Mauvaise étoile » c’est à nouveau le sillage de ceux qu’on a oublié d’aimer qu’il emprunte. Il faut dire qu’en termes de poisse, ils ont été bénis les anti-héros de ce road movie destination le cauchemar. Une mauvaise étoile qui s’est invitée comme un germe invasif sur le berceau de deux frères : Elliott et Clarence, gamins du Texas, punis avant même d’exister. Mère assassinée, pères flous et violents, la maison de correction et l’impossibilité de devenir. Bannis du rêve bleu, ils tenteront pendant ces années d’incarcération juvénile de faire cohabiter leurs différences et alors que Clarence s’éveille à la réflexion, Elliot épris de reconnaissance paternelle attend son heure de gloire. Une heure de gloire qui apparaîtra sous les traits horrifiques d’Earl Sheridan, sorte de messie du crime prophétisant l’effroi, qui en kidnappant les deux adolescents pour éviter le couloir de la mort les mènera au cœur d’une cavale ultra violente suscitant l’émerveillement de l’un et l’épouvante de l’autre. Crescendo, une liaison amorale s’installe entre les trois protagonistes et la mauvaise étoile poursuit de son éclat dévastateur ce petit trio de fin du monde qu’éclaire un Clarence peu désireux d’en découdre si vite avec le diable. Les voies de l’enfer sont impénétrables …

Après le choc « Seul le silence » qui embrasa de sa sombre esthétique le roman de ces dix dernières années, "Ellory" revient aux sources du mal et à ces enfances piétinées pourvoyeuses de lumière résiliente comme d’obscurité. Stratège de la construction d’histoires, cinéphile impénitent, "Ellory" embarque  - comme seuls savent le faire quelques élus – une caméra de justesse dans chacune de ses phrases. Peu de fioritures, quelques saillies poétiques pour la lueur et l’imparable mécanique Elloryenne est lancée vous laissant sur le carreau, à bout de souffle, suspendu à ces destinées privées d’amour se shootant à l’horreur pour que ne s’égrène plus le chapelet anxiogène de l’enfance. Jamais moralisateur, Ellory demeure un grand analyste de la nature humaine et du poignard dont elle se sert pour faire taire ses peurs. Seul bémol de ce petit bijou rythmé par une vigoureuse poigne littéraire, une fin un peu décevante alors qu’on attendait l’estocade du noir. Dommage.

ASTRID MANFREDI (2013)

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