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LA VIE PROMISE de Julien ESTIVAL :

C’est toujours un moment magique l’instant où la première chanson d’un album inconnu d’un artiste inconnu entre dans votre vie. Ce moment magique peut durer une demi-seconde, celle qui précède le début de la chanson, ensuite ce peut être une catastrophe, l’indifférence ou  l’émerveillement.  Dans le cas de l’album de Julien Estival intitulé “La vie promise” il n’a suffi que de quelques accords, d’une mélodie bien ficelée chantée par une voix chaleureuse et sans affèterie qui se propose de devenir “Un homme meilleur” - programme qui justifie que l’on accorde au reste de l’opus un droit de suite – on se dit qu’on est peut-être tombé sur la bonne affaire de l’année ; un de ces disques qui tournent en permanence sur la  platine comme une vieille bouilloire qu’on laisse sur le feu pour se faire du thé ou du café quand on en a besoin. Oui c’est exactement ça un bon album il vous paraît aussi familier que le sifflement de la bouilloire au fond de la cuisine. Il est toujours l’annonce d’un bon moment à passer.

   Quand on sait la course d’obstacles que peut représenter aujourd’hui pour un artiste de trouver un producteur, une maison de disque et un tourneur on peut se demander s’il ne vaut mieux pas être jockey qu’artiste.  Les majors s’étant transformées en minors, leurs budgets de production s’étant réduit, au fil des pirateries commune sur le net, comme peau de chagrin ; l’éclosion de Julien Estival doit donc être considérée comme une pêche miraculeuse. Coup de filet de 11 titres équilibrés fort bien arrangés – surgissement d’un banjo dans “A ta manière” - des textes parfois rimbaldiens à la manière des “Soirs bleus d’été” ou “On est pas sérieux quand on a 17 ans…”, qui laisse les images surgir avec la grâce d’un auteur inspiré qui sait regarder le monde et nous le proposer avec juste ce qu’il faut de malice.  On appréciera la “constance des conifères” dans le titre “Les heures plus belles”  ou l’habile notation “si je convole c’est en fausses noces” dans “L’envol”, ou encore “Non ne m’envoie  pas sur les roses, si toutefois je ne te propose que des aveux, en somme peu de chose, des coups, des bleus des echymoses”  dans “Tels que nous sommes

   Les titres se succèdent légèrement mélancoliques dans des orchestrations dont on pourrait dire qu’elles sont joliment arrangées à la française, guitare, piano, section rythmique discrète mais efficace et présence d’intruments à vent qui viennent souffler le vent de la nostalgie sur certains titres (“A ta manière”) et des cordes à tomber par terre sur “Cet hiver”.  Estival  réussit un coup de maître avec cette “Vie Promise” en prenant systématiquement les bonnes options : excellents textes à la limite de la poésie, compositions talentueuses et arrangements discrets mais somptueux… Il y a quelque chose de Le Forestier, de Barbara, une pointe de Brassens et de Brel et sans doute une inspiration toute souchonienne chez ce natif de Clermont Ferrand grand amoureux de la poésie de Guy Goffette et qui a publié aux éditions du Cygne un magnifique recueil de poésie intitulé Une barque pour demain, prouvant que son talent d’écriture est le fruit d’un travail de lecture et d’écriture qui ne date pas d’hier.  

   Souvenons nous de la formule de Jouvet à propos du talent  « Il faut trois choses pour développer un talent : du travail,  du travail… et du travail… »  Visiblement Julien Estival est pour lui même son meilleur auteur nourrissant un lyrisme  auquel il aurait  coupé les ailes histoire d’éviter les grandes effusions romantiques qui ne sont visiblement pas sa tasse de thé (la bouilloire ne siffle plus et le thé est désormais dans la tasse…) évitant le pathos au profit de l’intime.  Ajoutons une pointe de culture pop-rock  qui vient affleurer dans les mélodies  et vous obtenez au final un album qui mérite les félicitations du jury et le prix d’interprétation. « Une Vie Promise » à intégrer immédiatement dans votre discothèque et à offrir à tous les amateurs de chanson française…

ARCHIBALD PLOOM (2013)

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