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LA POMME D'ALAN TURING de Philippe LANGENIEUX-VILLARD :

Steve Jobs, Steve Wozniak , les fondateurs d’une petite société  de micro ordinateurs la baptise Apple. Le logo, dessiné par Rob Janoff, représente une petite pomme entamée. Dans le milieu encore très confidentiel de  l’informatique naissante des années 70, beaucoup y reconnaissent une référence au destin tragique du mathématicien Alan Turing qui  s’est suicidé  en croquant une pomme au cyanure.  Turing fut l’un des esprits les plus géniaux du vingtième siècle dont les travaux contribuèrent à accélérer l’évolution technologique qui déboucha sur le monde d’aujourd’hui. Pourtant qui le connaît  hormis un cercle d’initiés ?

  Philippe Langenieux-Villard  dans son ouvrage intitulé « La pomme d’Alan Turing » retrace la trajectoire de cette comète conceptuelle que fut  l’existence  courte  de cet homme aux talents aussi multiples que féconds.  Mal connu du grand public Turing  dont l’œuvre est tout à fait considérable a été fort mal récompensé par la couronne britannique pour les services qu’il rendit à la Grande Bretagne.

    Philippe Langenieux-Villard  raconte comment ce héros discret sera contraint de demeurer dans l'ombre, d’abord en raison de ses travaux pour les services secrets et par la suite pour sa sexualité car dans la Grande-Bretagne d'après-guerre, l'homosexualité est un crime. Turing est condamné en 1952 à la castration chimique après avoir été écarté de tous les grands projets scientifiques britanniques.

  L’auteur rappelle que Turing  fut l’un de ceux qui contribua à décrypter le code Enigma utilisé par les nazis pendant la seconde guerre mondiale pour envoyer des instructions cryptées à leurs troupes. Le travail de Turing a permis de déchiffrer ces messages codées en une semaine, puis quelques jours, et enfin en quelques minutes.  Le travail autour du décryptage militaire des secrets allemands pousse Turing après la guerre, à s’intéresser aux ressemblances entre l’esprit humain et les machines. Il s’intéresse en particulier alors à une « machine universelle ». Il va fixer un certain nombre de lois propres à la cybernétique en particulier le fameux théorème Turing : Tout effort de « mécaniser » un ordinateur, une machine se heurte à des infaisabilités « ontologiques ». Il y a une faille qui rend toute machine limitée.  Turing va découvrir que les limites de la machine s’appliquent aussi à l’esprit humain. La machine qui porta son nom est l’ancêtre de l’ordinateur.   Philippe Langenieux-Villard  nous rappelle que Turing qui travailla avec le mathématicien Von Neumann à Princeton et Claude Shannon, le père de la théorie de l’information,  dans son laboratoire de télécommunication dans le New Jersey, méritait sans doute un prix Nobel et qu’au lieu de cela il fut condamné pour ses mœurs et traité comme un paria.

Cet ouvrage parfaitement documenté qui hésite entre la biographie et le roman met en lumière la vie d’un homme de premier plan que son époque négligea au point de le juger sur un point qui ferait sourire aujourd’hui. Ce mathématicien génial qui était tombé fou amoureux du « Blange Neige » de Disney en 1938 lors de la sortie du film alors qu’il avait 26 ans se suicida en 1954 en croquant une pomme qu’il avait truffée de cyanure, fidèle à lui même jusqu’au dernier geste. 

ARCHIBALD PLOOM  (2014)

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