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LOUPO de Jacques Olivier BOSCO :

Loupo, Kangou et le Chat se sont rencontrés à l’assistance publique qui est loin d’être un lieu de villégiature pour les gamins en mal de parents. Pour ces trois-là la fugue fut souvent un moyen d’échapper à l’enfer.  La vie leur réserve un destin de petits voyous qui brûlent la vie sur la pente savonneuse des petits braquages et de la délinquance ordinaire.  La langue de Jacques Olivier Bosco est cinglante  comme une fin de nuit alcoolisée dans une rue  battue par les vents de l’hiver : “ 8 heures. Moins 5. Le jour s’est levé, tout gris et trempé, mal levé, mal révéillé, sale et transi, de mauvais poil. L’hiver ne fait pas de cadeaux, il l’assaille et le transperce de ses crocs comme il le fait pour les hommes. Il y a de la brume, de la bruine et ça caille méchant.” Le style de Bosco est mordant, bourré d’aspérités, une caresse de fil de fer barbelé qui vous écorche les mains quand vous tournez les pages. Il vous met sous tension dès les premières pages et ne relâche les otages qu’à la dernière ligne. 

 L’épopée de nos trois gaillards écumeurs de bureaux de poste se déroule selon les codes des petits voyoux : on cherche le gros paquet, on braque et on se barre à fond la caisse.  On vit au jour le jour sans trop se demander de quoi sera fait demain. Une existence à base de montée d’adrénaline, de prises de risque et de liasses de petites coupures.  Reste que le destin vient toujours se mettre en travers des meilleures oeuvres. Lors de l’un de ces braquages Loupo va blesser grièvement un gamin qui se trouvait là par hasard. C’est moche. Personne n’aime qu’on mette un enfant sur la trajectoire d’une balle. Du coup tout va changer pour Loupo, Kangou et le Chat. Désormais la police et une bande des cités se livrent à une course poursuite sans merci pour mettre la main sur eux. Le combat change de sens.

Bosco est un écrivain du destin, celui que se forgent les hommes pistolet au poing.  Celui qui vous mène tout droit vers une caisse en sapin si vous n’êtes pas doté d’un instinct de survie hors norme. Alors qui va se tirer de ce merdier  où les balles fusent et où les hommes tombent comme des quilles ?  Un roman bien noir où Bosco confirme son statut d’écrivain qui donne de grosses claques au lecteur. 

ARCHIBALD PLOOM  (2013)

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