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DES POLITIQUES PLUS DORIAN GRAY QUE CASANOVA ? :

Cette note n'a pas pour vocation d'entraver ce beau principe de respect de la vie privée. Quelle merveille, quel avantage sur les autres et pourvu qu'on ne s'engage jamais sur la pente Yankee que voudrait emprunter l'ineffable JF Copé. Les scandales de moeurs disséqués dans la presse, c'est bon pour les séries télés ou les films, mais pour la vie politique du pays, c'est navrant. Le seul élément privé qui m'intéresse dans cette histoire, ce n'est pas l'appartement, le kama sutra pratiqué ou encore qui a payé les croissants mais l'âge de l'impétrante : 41 ans. 

Ségolène Royal a bientôt 60 ans, Trierweiler 48, Gayet 41. Voilà qui me semble plus révélateur du malaise que d'improbables arguties sur le statut de première dame ou la sécurité du chef de l'Etat. Révélateur dans la mesure où la question concerne de nombreux hommes politiques et qui tous comme Hollande fuit l'évidence du temps qui passe.

Dans un sketch sur les politiques décomplexés, Patrick Timsit évoquait les inclinaisons juvéniles de Silvio Berlusconi. Il notait avec justesse qu'un grigou de 75 ans qui veut se taper des minettes de 18 ans, c'est un peu dégueulasse, mais si l'objet de ses fantasmes avait 75 ans comme lui, qu'aurait-on dit de sa santé mentale ? Rires. Et c'est drôle. Mais mettons à part le cas Berlusconi comme celui de DSK. Des partouzards malades qui sont drogués à la petite mort en étant sûrs qu'elle conjurera la grande. Les autres dirigeants politiques, s'ils ne font pas ce saut de l'ange de 60 ans, ne cherchent pas leur alters égos, mais des femmes infiniment plus jeunes. Carla Bruni rend presque 20 ans à Sarkozy, Besson a choisi une nouvelle compagne de 25 ans sa cadette et Moscovici vit avec une jeune fille de 30 ans de moins que lui. Luc Ferry aussi a choisi une femme de 30 ans de moins que lui. Et n'étant pas introduit dans ces cénacles, je ne sais pas si la liste des jeunesses dans les alcôves est bien plus longue, mais je suis prêt à parier qu'elle l'est.

En soi, est-ce grave ? Sans doute pas. Mêmes très jeunes, elles restent majeures et consentantes. Le problème tient déjà plus dans la muflerie et la misogynie qu'il y a à considérer les femmes comme périmées passés 40 ans. Et le problème tient beaucoup plus dans le décalage de péremption ressenti avec leur propre personne. Et là, on vire au pêché suprême : l'hubris. Pour eux, le temps n'agit pas. A 60 ans, il sont d'une infinie jeunesse et prêt à tout recommencer à zéro. Ca peut être romantique et il est vrai qu'avec une espérance de vie en bonne santé en très forte hausse en France, d'autant plus pour les plus privilégiés dont ils font partie, ils ont effectivement une troisième jeunesse devant eux. Un peu... Mais pas vraiment. Evidemment qu'ils vieillissent tout de même. Ce déni de réalité ne peut être sans conséquence politique. Je ne veux pas entrer dans une psychologie de bazar, mais un refus de voir l'évidence dans sa propre vie a nécessairement des répercussions au moment de prendre des décisions. Je ne parle pas tant des dettes, qui relèvent tout de même de la fable (celui qui pense que les US va rembourser chaque $ de ses 20 000 milliards m'intéresse) mais plutôt des changements climatiques et autres motifs de péril écologique. Quand on se pense immortel, on a vite fait de croire que la planète l'est aussi. Quand on refuse de voir les effets du temps sur son propre corps, on nie les stigmates subis par Gaia avec des fadaises comme "la science nous a toujours sorti de là" ou "la terre est plus solide que ça". On nous présente toujours les politiques en Casanova. Lequel est mort paisiblement. On ferait mieux de les dépeindre en Dorian Gray pour souligner les dangers qu'il y a à signer un pacte avec Faust. Voilà. N'ayant pas acheté Closer je ne sais si les plumes du magazine faisaient la même analyse. Ca me donnerait presque envie de relire Dorian Gray, tiens. Mais je suis trop jeune pour déjà relire, je me garde ça pour le moment où... le bon moment quoi.

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