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BOIS SANS SOIF de François PERRIN :

 Avec sa couverture ambiance café de la jeunesse perdue, gros plan sur un beau gosse reconstruisant le monde au plus près d’une femme, le « bois sans soif » de François Perrin tient finalement une toute autre promesse. Pas de yang Tsé-kiang, ni de flâneur éméché de la Rive Gauche dans ce premier roman inventif qui revisite la belle et tragique perdition du bistrot à l’aide de références empruntant à Topor et aux Marvel Comics.

Pour décliner la grande aventure du café parisien François Perrin fait appel à son expérience. Celle qui un jour le conduisit à passer derrière le bar où soudainement d’autres pouvoirs, des supers pouvoirs lui furent révélés tandis que la longue nuit de l’ébriété s’abattait sur la capitale. Parce que servir des coups c’est mieux que d’en donner, mieux que de gratter des chiffres et du papier, le narrateur découvre les tours et détours du barman, rabote jusqu’à la lie le bois dont il est fait et dont sont faits les hommes pleins de bière et d’ennui.

Il lui en faudra de la patience pour analyser ses contemporains, lire au cœur de leurs verres comme dans une improbable boule de cristal ne révélant que d’attendrissantes faiblesses et cette difficulté de vivre à jeun. Pas évident pour nous autres bipèdes de garder toute la sainte journée une lucidité de commercial du bonheur. Il faut bien lâcher prise,  lâcher les mots de soi comme on convoque les fauves, fleurir les illusions. Les temps changent, mais pas tant que ça. A tel breuvage son sérum de vérité et je prends le pari que chacun pourra s’y retrouver.

C’est donc avec beaucoup de tendresse, de dérision et un style bien affirmé que François Perrin nous accoude à son zinc. Quelques maladresses cependant et un enrobage stylistique trop présent à certains moments nous faisant perdre le fil de la céleste ivresse. Toutefois, un premier roman prometteur préfacé par un Philippe Jaenada très en verve. Un premier roman qui emprunte à ses aînés le bon dosage de Suze tout en disant autrement ce grand désir de l’homme de cumuler des « ardoises de rêverie ». Tchin.

Astrid MANFREDI (2014)

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