Partager cette chronique:
La librairie.com Amazon Babelio Decitre Fnac Nolim Sauramps Mollat La Procure Ombres blanches
OPERATION SWEET TOOTH Un roman de Ian McEWAN :

Ian McEwan est un écrivain surdoué qui propose toujours à son lecteur des récits jubilatoires “so british” tels que “Expiation”, “Amsterdam”, “Sur la plage de Chesil” ou encore “L’enfant volé” qui reçut le prix Fémina en 1993.  L’écriture est alerte, pleine d’esprit et parfois cruelle.  Difficile de ne pas se laisser embarquer dans l’un de ses vaisseaux littéraires qui nous procurera toute la palette des sensations qu’une croisière au long cours peut offrir. 

Dans son douzième roman, “Opération Sweet Tooth”, l’auteur anglais nous propose une plongée dans le Londres des années 70. Serena Frome, fraîchement diplômée de Cambridge, est embauchée par le MI5, l’agence de renseignements britannique, en tant que sous-officier stagiaire.  Elle va être rapidement impliquée dans une opération qui consiste à soutenir financièrement des écrivains aux opinions fortement anti-communistes. Nom de code “Sweet Tooth”. La mission de Serena, lectrice boulimique, sera d’approcher Tom Haley, un jeune auteur très prometteur dont elle apprécie d’abord la littérature avant de tomber dans ses bras, ce qui pourrait passer pour un manque de professionnalisme mais rappelons que notre apprentie agent de renseignements est à peu près aussi débutante que Fabrice del Dongo à la bataille de Waterloo.

    Serena raconte les épisodes successifs de cette affaire des décennies plus tard, alors qu’elle a quitté les services de renseignements depuis fort longtemps.  Ce qui part d’une réalité historique avérée à l’époque en Grande Bretagne se transforme en méditation sur la littérature et en une célébration du roman.  McEwan se retourne sur 40 ans de travail littéraire tout en traitant d’une période totalement paranoïaque au Royaume Uni où les espions soviétiques proliféraient à Londres et où certains agents britanniques basculaient dans le camp adverse.  McEwan joue sur l’analogie entre les méthodes du renseignement et celle du romancier, construction de réalités fictives, manipulations, mensonges…  Tom Haley, avatar de McEwan, va se retrouver au coeur d’une affaire qui dépassera de très loin l’activité paisible et solitaire de l’écrivain. 

Jusqu’au dénouement McEwan parvient à réaliser le tour de force de tenir de bout en bout le lecteur en haleine tout en transformant le roman en personnage de premier plan, celui qui nourrit nos vies et dont nous ne pourrons jamais nous passer malgré  ceux qui annoncent périodiquement sa disparition.

ARCHIBALD PLOOM  (2014)

 © Culture-Chronique --                                                

--  Le classement Romans CULTURE CHRONIQUE 

--  Les chroniques littéraires Culture-Chronique

--  S'inscrire à la Newletter 

--  Le groupe Facebook CULTURE CHRONIQUE

--  La communauté Facebook CULTURECHRONIQUE 

Partager cette chronique:
Toutes Nos Chroniques
Rechercher par Auteur :