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ET JE PRENDRAI TOUT CE QU’IL Y A À PRENDRE de Céline LAPERTOT :

Voilà un livre qui à moins d’avoir signé un pacte avec la rocaille ne pourra pas vous laisser indifférent. Crochet du droit à la face de la société « Et je prendrai tout ce qu’il y a prendre » est un roman qui donne tout ce qu’il a à donner sans aucune marguerite à effeuiller.

Roman d’une infortune, celle de Charlotte, gamine qui dormira dans une cave à défaut de dormir dans une chambre rose. Roman de la cécité, celle des adultes fermant les yeux sur la maltraitance parce que Docteur Lacan pérore que les mots valent plus que les regards. Roman de l’absence, celui de l’amour parental qui ne sait que dévorer la chair de sa chair. Roman de l’indifférence, celle des murs, celle de l’école, celle de la sottise qui condamne une fillette aux cheveux gras et au teint trop pâle à un casting dans un film d’horreur. Roman de l’indécence, celle de la berlue de certains travailleurs sociaux accros au Coming out du bonheur. Roman qui donne envie de hurler de nuit comme de jour : Stop.

Impossible pourtant, on la suit cette gamine, cette Charlotte avec son crayon bien armé dans la main pour écrire à Monsieur le Juge et dire le couteau dans la panse du géniteur. Charlotte, petite fée des mots, lectrice de Diderot, enchaînée à la traîtrise du monde. Et la mère qui ne pense plus, et la mère qui consent, qui se couche sur les bleus comme sur des plumes d’oie. Et le père, le mec bien qui cogne parce que ça soulage son inhumanité. Une famille tendance Thénardier sauf que c’est aujourd’hui, peut-être à deux pas de chez vous, à deux pas de chez moi. Et personne ne voit rien.

Admirable, à lire à voix haute dans les écoles là où les cartables sont trop souvent bourrés de coups de poings. Admirable, écrit comme il se doit, avec des mots justes de verticalité, des mots qui ne se foutent pas du monde. « Et je prendrai tout ce qu’il y a à prendre » est un hurlement, une vocifération, une proclamation, une clameur contre la meute de l’indifférence. Céline Lapertot, j’attends votre second souffle. La guerre est déclarée. Sauve qui peut la vie.

Astrid MANFREDI (2014)

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