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SOTCHI INVENTAIRE de Jean-Claude TAKI :

Sotchi, le nom de cette ville russe du bord de la mer Noire a évoqué pour nous ces derniers jours le défilé des épreuves des jeux olympiques d’hiver mais c’est ici d’une toute autre ambiance dont il est question.

Guillaume, le personnage du roman est journaliste et dessinateur à Paris. Il arrive dans cette ville suite au décès brutal de sa compagne Olga quelques mois plus tôt dans les environs de la station balnéaire. Guillaume était au Kazakhstan pour des raisons professionnelles lorsqu’il avait reçu un message laconique l’informant des obsèques de son amie. 

Que vient-il chercher ? Des éclaircissements sur cette mort soudaine dont il ne sait au fond pas grand-chose si ce n’est qu’elle est en relation avec une tempête ? En partie, mais sa destination revêt des objectifs bien plus complexes, qu’il ne perçoit lui-même peut être pas encore.

Comme dans Meuse l’oubli de Philippe Claudel, la quête de Guillaume est celle du deuil. Il confie au temps et à l’espace si particulier de Sotchi le soin de l’aider à dépasser la souffrance de l’absence de l’autre mais aussi de s’interroger sur sa propre existence.

Front de mer défiguré par les maisons à touristes, désir de copier une culture occidentale aseptisée, avec la subsistance, çà et là de vestiges oubliés de l’ère soviétique, Sotchi est idéale pour le deuil.

C’est d’ailleurs dans l’hôtel Primorskaïa datant de 1936, l’un des seuls à conserver le « charme » des origines bolcheviques que Guillaume se terre dans la solitude, aidé en cela par la non maitrise de la langue russe. Comme pour donner un sens à sa présence dans ces lieux insolites, il fait l’inventaire des quelques objets qui l’entourent pour les dessiner ensuite.

A la recherche de repères suite au décès d’Olga, c’est dans sa propre existence qu’il va marquer un tournant, une nouvelle naissance dans cette Russie méconnue, immense et fascinante qui constitue finalement un personnage à part entière du roman.

« Tu as déplié la carte de la Russie sur le lit de travail. La démesure, pensais-tu. Trop vaste pour que les hommes puissent l’appréhender sereinement, Moscou, Kazan, Novossibirsk, Krasnoïarsk, Irkoutsk, Khabarovsk, Magadan… les dimensions inhumaines de ce pays étaient à tes yeux l’explication ou la cause de toutes les souffrances, comme cette volonté masochiste et inconsciente qu’ont les Russes d’avoir toujours un tsar puissant et autocrate à la tête du pays. Un repère dans cette immensité en quelque sorte… »

Marie-Paule DELPEUX (2014)

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