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CATFISH pour l'album MUDDY SHIVERS :

     Après un premier album plein de promesses les poissons chats sont de retour avec un opus intitulé “Muddy Shivers” qui n’est rien d’autre qu’un petit bijou de onze titres pleins d’énergie et de cadences infernales.  “Muddy Shivers” vous secoue comme un prunier raflant la mise et produisant au terme de la récolte une eau de vie puissante et profondément salvatrice.

   On pourrait se demander où ce groupe jurassien va chercher toute cette inspiration qui fleure bon les rives du Mississipi, celle d’une Amérique besogneuse aux racines ancestrales mêlée de sueur, de sang et de larmes.  Le blues de Catfish est coupant comme une lame de hachoir dans un abattoir de Louisiane. La voix d’Amandine Guinchard cisaille le fond de l’air et flotte au-dessus des marécages comme un avertissement à tous les alligators qui y traînent leur carcasse (Big Shivers).  Une voix qui allie les paradoxes de la vraie chanteuse de blues, chevauchant les aspérités de la vie et les rudesses de l’amour (Make Me Crazy), se faisant par instant enjôleuse avant de vous appliquer une correction de tous les diables, mais une voix qui, en vérité, ne vous laisse jamais seul… ( Not Alone). 

   De son côté Damien Felix applique à son ampli un traitement d’acier digne des fonderies les plus antiques (Catch Me). A croire que les cordes de sa guitare ont été fondues dans le Tartare tant le son qu’elles produisent semble émaner du coeur en fusion de la terre ; une terre agricole où l’étendue des plantations éteint le cri des hommes et où les seuls transporteurs potentiels sont les nuages (Like a Cloud) et où la vie familiale est l’une des rares péninsule de terre sèche (My Daddy) . La guitare “roots” de Damien Félix est l’alliée positive et déterminée de la voix envoûtante d’Amandine Ginchard (qu’on aurait pu croire québécoise avec un pareil patronyme) célébrant comme un hymne (Black Coat) l’existence des hommes qui n’auront jamais la vie facile.

   Décidément Catfish est un groupe hors norme qui parvient à prendre d’assaut les pentes ardues du succès avec une formation de deux membres qui fait de la musique comme 6 ou 7.  “Have a Good Time” fonctionne sur une gimmick digne du meilleur Depeche Mode ce qui n’est pas sans surprendre mais qui rappelle que Martin Gore a trouvé parfois son inspiration du côté de Memphis et qui place les deux Français sur la même route que les meilleurs.  “Muddy Shiver” se conclut sur un “Old Fellow” qui semble émerger de la profondeur des champs de coton jetant une lumière baignée d’harmonica sur cet opus remarquable de bout en bout.

ARCHIBALD PLOOM 

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