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L'ECRITURE ET LA VIE de LAURENCE TARDIEU :

"L'écriture et la vie" de Laurence Tardieu pose, à propos de l’écriture, des questions essentielles : qu’est-ce que la vérité ? Comment se distingue-t-elle de la fiction et du « vrai » et pourquoi, à un moment de la vie d’un auteur, n’est-il plus possible de la fuir ? Jusqu’où faut-il aller dans cette quête ? A quels dangers se confronte l’écrivain ?

Comment poursuivre l’œuvre quand l’essentiel, croit-on, a été dit, tel est le point de départ et l’enjeu de l’Ecriture et la Vie. Restée stérile de création après la publication de son dernier roman, la Confusion des peines, livre aussi salvateur que destructeur, Laurence Tardieu est contactée par deux éditrices pour une commande littéraire. L’auteure entreprend alors la tenue d’un journal, à New-York d’abord où elle se trouve en voyage, puis de retour à Paris (les lieux de travail et le dépaysement ont leur importance). Ce journal sera tout autant espace et temps de réflexion que tentative de réenclencher un processus d’écriture abandonné depuis près de deux ans.

Retrouvant la parole, Laurence Tardieu nous dit, avec un souci constant de clarté et de sincérité, qu’écrire est conquérir une liberté telle que l’acte met en danger. Parce qu’il est seul à même de découvrir des territoires intimes, au contenu inconnu, parfois dévastateur, à tout le moins déstabilisant. Il bouscule toujours un équilibre chèrement acquis et qui peut s’avérer précaire, voire factice.  Parce qu’il met aussi en péril l’espace familial (lieu de refuge, mais pas de liberté), amical ou amoureux par son intransigeance, sa violence, et le désordre qu’il sème.

« L’écriture ne cesse de nous placer en position extrêmement inconfortable. Elle nous pousse vers le vrai. Dans la vie, on ne cesse de s’arranger avec nos misérables petits mensonges ».

Laurence Tardieu nous montre qu’écrire n’est pas un passe-temps anodin. Il s’agit d’un engagement de tout l’être, qui demande du courage et laisse derrière lui des perdants, des défaites, des cicatrices.  Dépouillement, mise à nu, trahison, il faut n’avoir peur de rien pour atteindre sa vérité, même pas d’aller si loin que c’est l’impuissance qui prend alors le pouvoir. L’écrivain doit savoir se confronter avec lucidité au tarissement.

La fin du livre-journal est ouverte. On ne sait pas encore si l’entreprise aura été une réussite. Mais, dans son questionnement intime, des pistes s’ouvrent à l’auteure pour revenir à elle et à l’écriture.  

FREDERIQUE GERMANAUD

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