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UNE FENETRE AU HASARD de Pia PETERSEN :

Une histoire d’amour impossible ? Au contraire, tout est à portée de main dans cet incroyable roman construit sur un rien. Il y a une femme, il y a la fenêtre de sa cuisine, qui donne sur une autre fenêtre. Son monde à elle, son univers, c’est cette fenêtre et ce que ses contours lui permettent d’y voir. Deux fenêtres se font face. Sans jamais se rencontrer ?

C’est au cœur de cette mise en scène épurée que l’on entre à pas feutrés dans les pensées les plus intimes d’une narratrice qui, plongée dans un isolement social extrême, trompe sa solitude en observant la fenêtre vide de l’immeuble d’en face. Ce huis clos étouffant se colore d’un espoir le jour où la fenêtre s’anime d’une présence : une silhouette aux traits masculins prend possession des lieux et de l’esprit de la narratrice. Entre les deux fenêtres s’instaure alors un dialogue à sens unique, conduit par le monologue intérieur de celle qui remet en question à chaque instant la possibilité d’aimer et d’être aimée.

Une fenêtre n’ouvre pas toujours sur le monde… Et cette femme le cœur mis à nu est notre sœur d’infortune, celle qui nous confronte à ce moment de l’existence où l’on se retrouve étranger à soi-même, SDF d’un corps qui refuse de se laisser habiter. Face à une vitre ou penchée sur une rambarde, le paysage qu’elle nous offre à voir est celui de notre propre solitude.

Roman d’une simplicité extrême et pourtant d’une densité inouïe, Une Fenêtre au hasard  est une interprétation troublante de la poétique des « Fenêtres » de Baudelaire. De sa plume sinueuse, l’écrivain parvient à nous tenir en haleine sur plus de 200 pages à travers le flux de conscience d’une héroïne à l’insignifiance émouvante, traversée par un désespoir lumineux. En brouillant les frontières entre fantasme et réalité, voyeurisme et altruisme, Pia Petersen interroge l’amour, et l’amour de soi. Se dessine une géographie du sentiment dont les lignes de fuite emmènent le lecteur vers une perte de repères vertigineuse.

Accoudés à notre fenêtre, tenterons-nous, à notre tour, le saut de l’ange ?

VANESSA GUSTAW 

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