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UN CIEL ROUGE LE MATIN de Paul LYNCH :

“Le jour est sur le déclin lorsque les hommes parviennent à la tourbière.  Il a cessé de pleuvoir, une colonne lumineuse se dresse sur la lande comme pour revendiquer un empire sur la plaine.” On est dans les premières pages du roman de Paul Lynch, Un ciel rouge le matin, et déjà l’Irlande envahit  ce magnifique roman  plein de chemin creux, de murs de pierres et de chevaux qui courent dans la lande.

Nous sommes au XIXème siècle dans le Donegal où va débuter le récit, très exactement en 1832 quand Coll Coyle, un jeune métayer, est expulsé avec sa famille par le propriétaire de la terre qu’il exploite.  La confrontation qui va suivre entre les deux hommes va rebattre les cartes du destin. Un drame fait basculer l’existence de Coyle qui, poursuivi par les hommes de son ancien maître, va devoir fuir d’abord en Irlande ce qui vaut au lecteur des descriptions somptueuses : “Toute la nuit il chevauche, les bras noués à la tiède torpeur de l’animal, entrainé peu à peu sur la pente du sommeil. Il n’a aucune idée des lieux traversés, car il ne suit pas de route bien tracée, s’ouvrant lui-même un chemin sur ces territoires incultes et dédaignés de tous, avec les marais du Donegal qui s’étalent, indifférents, aussi loin que son oeil porte dans la nuit. La lune affronte les nuages, et il progresse avec lenteur dans cette lumière filtrée, sa monture hésitant sur la mousse creusée d’ornières, bien résolue à n’en faire qu’à sa tête.”

  Coll Coyle va parvenir  jusqu’à la péninsule d’Inishowen  où il trouve refuge à Londonderry  avant de partir pour Philadelphie en Pennsylvanie. Il connaîtra les grandes douleurs des immigrés qui traînent leur malheur au fond des cales des grands voiliers qui filent vers l’Amérique. Ils rencontrent des hommes au tempérament bien trempé comme Cutter sur lequel il peut s’appuyer dans les moments difficiles mais le monde est sombre et parfois  le ciel du matin est rouge….

Dans ce premier roman  inspiré d’un fait divers  Paul Lynch se place dans la lignée de Cormac McCarthy, John Banville ou encore Colum McCann. Visiblement Lynch a répété ses gammes  avec les meilleurs écrivains et le résultat  est tout à fait convaincant.  « Un ciel rouge, le matin »,  formidablement traduit par Marina Boraso, est un roman d’une grande maturité qui plonge le lecteur au cœur du malheur, de la brutalité et du désespoir. Roman où la terre d’Irlande  résonne dans le cœur du héros jusqu’à la dernière ligne. Roman de la dignité  et de la soif de justice qui roule comme une pierre  grise  jusqu’au pied des tourbières.  Un grand écrivain est né et son nom est Paul Lynch. 

  ARCHIBALD PLOOM  

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