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1 - BANLIEUE A PERTE DE VUE…. :

  Je suis né en banlieue mais à l’époque cette banlieue là c’était encore la campagne avec ses champs de betteraves et ses forteresses de bottes de paille qui montaient parfois à plus de 10 mètres et aux sommets desquelles notre petite bande surveillait l’attaque imminente d’un ennemi qui ne vint jamais, enfin si, mais plus tard quand les champs se couvrirent de pavillons et d’immeubles.  Les terres à blé reculèrent d’une bonne vingtaine de kilomètres, les vertes forêts de maïs, les océans de colza jaune,  le rouge des coquelicots, toute la palettes des couleurs agricoles passa au gris béton .   La création de la Ville Nouvelle dans nos champs signifia pour les gamins que nous étions rien moins que la fin des grands espaces.

Désormais nous habitions vraiment la banlieue.   

Je ne l’ai plus jamais quittée.

Collège de banlieue, lycée de banlieue,  mouvement pendulaire  Paris-banlieue  quand il fallut passer aux études supérieures, puis école normale de banlieue pour le jeune instituteur  que je n’avais pas rêvé d’être,  et encore IUFM de banlieue quand je devins professeur. A trente ans j’étais un pur produit  de la banlieue.  Elève de banlieue puis enseignant de banlieue.  Qui peut tirer une gloire d’une pareille origine ?  Encore la province… tu viens d’où ? Ah oui Caen… la Normandie …  Mais là Karmeil  ! C’est où Karmeil ? Je vois... quand on ne sait pas c’est la région parisienne….

Le banlieusard était alors Parisien pour les provinciaux et provincial pour les parisiens. La double peine ! 

Mais c’est de là que je viens, de cet entre-deux, de ce marécage de bâtiments, de zones industrielles, de rues tristes à mourir avec leurs clôtures disparates et toujours à pleurer, ses ralentisseurs-taupinières pleins de bons sentiments, ses sous bois de feux de signalisation qui passent toujours au rouge quand vous pointez le museau.

   Depuis les parisiens ont fait de la capitale un truc hors de prix pour les banlieusards, inaccessible en voitures et si par malheur on parvient à franchir une porte, on doit traverser des champs de mines de parcmètres ou des parkings qui vous coûtent une journée de travail  pour quelques heures de stationnement. Il reste les trains puants, toujours bondés pour les plus courageux mais il faudrait  pouvoir prendre une douche quand on en sort ! 

  ARCHIBALD PLOOM  

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