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LE CHARDONNERET de Dona TARTT :

L’écrivaine américaine Dona Tartt qui  naquit dans le Mississippi  et côtoya Bret Easton Ellis au Bennington Collège  est une femme méthodique qui prend son temps puisqu’elle ne publie qu’un roman par décennie. Ses lecteurs ne laissent pas d’être surpris par cette écriture protéiforme aussi changeante que l’eau d’un ruisseau, ondulatoire, profonde et saisissante.  Tartt travaille  sa prose avec le raffinement et la violence d’un John Coltrane. Son texte se construit par phase modulant son souffle d’encre jusqu’à la perfection, parfois aussi sèche qu’un vent du désert parfois proliférante et inspirée comme  un chant entêtant. 

Dona Tartt commence sa carrière en 1992 avec Le Maître des illusions dont l’action se déroule dans le Vermont et qui rencontre immédiatement le succès. Dix ans plus tard elle publie Le Petit Copain dont elle place l’action dans le Mississippi et qui confirmera ses qualités d’écrivain. Dix ans de plus et elle publie Le Chardonneret roman qui dépasse les 800 pages et constitue déjà un phénomène littéraire mondial. Cette fois Dona Tartt construit  sa fiction autour de trois grandes métropoles : New York, Las Vegas et Amsterdam. L’action se déroule sur une quinzaine d’années, celles de la vie du jeune Théo Decker jusqu’à son vingt-septième anniversaire.  

Certains se demandent sans doute quelle est l’origine du titre de ce roman. Le Chardonneret est un tableau représentant un oiseau  du Néerlandais Fabritius qui fut élève de Rembrandt  et maître de Vermeer. Le tableau représente un oiseau entravé sur son perchoir par une petite chaine.  Par ailleurs ce tableau de 1654 aurait dû disparaitre dans le terrible incendie de Delft où mourut le peintre. On ne sait trop comment Le Chardonneret pu échapper aux flammes mais trois cents ans plus tard Donna Tartt imagine qu’un attentat détruit un musée new-yorkais alors que le jeune Théo, 13 ans, et sa mère s’y promènent.  Cette dernière est tuée par l’explosion et son fils dans la confusion générale met la main sur Le Chardonneret.  La suite du récit relate les pérégrinations de Théo d’abord recueilli par une famille bourgeoise de la Vème Avenue puis rejoint son père alcoolique à Las Vegas, celui-là même qui l’avait abandonné avec sa mère.  Là il rencontre aux portes du désert Boris, personnage haut en couleur, alcoolique et  junkie avec qui Théo va nouer une amitié où l’intensité des sentiments  flirtent parfois  avec  ce qu’on peut appeler de l’amour. Mais Théo va devoir quitter précipitamment La Végas pour revenir à New York avec son tableau sous le bras et  intégrer le monde des antiquaires. Le tableau joue un rôle clef dans la vie de Théo, à la fois témoin des évènements qu’il affronte et métaphore de ce fil à la patte qui représente une certaine sécurité existentielle face aux aléas et aux dangers qui l’entourent.

Le Chardonneret est un roman robuste à la poésie indéniable, plein de surprise et de profondeur. La prose de Dona Tartt est l’une des révélations littéraires des vingt dernières années et Le Chardonneret est un chef d’oeuvre de composition et d’équilibre. A sa lecture on se dit que beaucoup d’écrivains seraient bien inspirés de prendre vraiment le temps d’écrire.

Huit cent pages de pur plaisir ! 

  ARCHIBALD PLOOM  

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