Partager cette chronique:
La librairie.com Amazon Babelio Decitre Fnac Nolim Sauramps Mollat La Procure Ombres blanches
LA GRANDE FRACTURE : 1790-1794 de MICHEL WINOCK :

Comme l’explique Michel Winock, la Révolution française a transcendé la vie ordinaire des hommes de l’époque. Elle surgit dans le monde de l’ancien comme une rupture mais aussi, simultanément, un scandale. “Avant était le droit du prince ; après s’affirme la souveraineté du peuple.”  Cependant les révolutionnaires ne se sont pas contentés de rompre avec les traditions politiques passées.  “A l’instar de Condorcet philosophe député, théoricien de la mathématique sociale, les révolutionnaires ont conçu la possibilité d’une harmonie entre les choix individuels et et le bien public. Cette société rêvée comme un échange équilibré entre des sujets raisonnables a été esquissée dans la déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Ainsi que dans les grandes lignes de la constitution de 1791.” 

    Nous le savons les choses ne se sont pas passées exactement selon ce schéma idéal. “ (…) pour rédiger et voter les grands textes, l’optimisme de la raison a été soumis au choc des subjectivités et des intérêts contradictoires. La marche glorieuse de l’esprit, le cortège triomphal de l’esprit humain se sont heurtés aux obstacles qui ont noms : épreuve de la réalité, passions humaines, pesanteurs du passé, préjugés.”

Evidemment c’est une déception  considérable pour tous les amis des Lumières, ceux comme Kant qui suivaient quotidiennement  l’évolution de cette révolution qui suscita tant d’espoir dans un XVIII eme siècle qui l’avait préparée à travers le travail des philosophes et des scientifiques européens. L’idéal du triomphe de la raison va finir sur la guillotine.

   Michel Winock grand spécialiste de cette période nous propose à travers La grande fracture 1790-1793 un récit passionnant sur cette période. Ce panorama précis des conditions qui conduisirent à cette faillite politique nous permet, en 500 pages, de saisir la complexité politique et l’embrasement des esprits qui saisit l’époque.  Embrasement où les dangers venus de l’intérieur et de l’extérieur  poussèrent un Danton à résumer  dans un discours devenu célèbre l’état d’esprit de l’époque : “ Tout s’émeut, tout s’ébranle, tout brûle de combattre ; que quiconque refusera de servir  de sa personne ou de remettre ses armes soit puni de mort. Le tocsin qu’on va sonner n’est point un signal d’alarme, c’est la charge sur les ennemis de la patrie. Pour les vaincre, Messieurs, il faut de l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace, et la France sera sauvée.” L’audace ne sauvera  malheureusement presque aucun des révolutionnaires qui en firent preuve. Elle ne sauva pas non plus la monarchie  constitutionnelle qui ne fut guère aidée par un roi sans doute honnête mais borné.  Cet échec annonce la catastrophe  1793.  “Le régime de la monarchie constitutionnelle qu’ont voulu fonder en raison les représentants du peuple n’a pas tenu une année pleine. De là résulte l’échec patent de la révolution française, comparée aux révolutions anglaises et à la révolution américaine, d’où sortirent des régimes politiques solides.”

 ARCHIBALD PLOOM

 © Culture-Chronique --                                                

- -       Commander l'ouvrage chez un vrai libraire  

--  Le classement Romans CULTURE CHRONIQUE 

--  Les chroniques littéraires Culture-Chronique

--  S'inscrire à la Newletter 

--  Le groupe Facebook CULTURE CHRONIQUE

--  La communauté Facebook CULTURECHRONIQUE

 -- Le groupe Twitter CULTURE-CHRONIQUE 

Partager cette chronique:
Toutes Nos Chroniques
Rechercher par Auteur :