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DICTIONNAIRE VICTOR HUGO de Jean-Pierre LANGELLIER :

 C’est un très beau dictionnaire Victor Hugo dirigé par Jean-Pierre Langellier que viennent de publier les éditions Perrin. L’auteur a réalisé un travail considérable en puisant la matière de son dictionnaire dans l’immense oeuvre littéraire de ce génie touche à tout. A la fois romancier, poète et dramaturge, Hugo fut aussi un homme politique actif et un épistolier inspiré. N’oublions pas non plus la masse des journaux en tous genres que l’homme de lettres accumula tout au long de sa vie. 

   Jean Pierre Langellier a su établir un ouvrage savant sans jamais négliger de mettre en évidence les saveurs d’une oeuvre qui peut rebuter par son immensité océanique.  Du coup le lecteur peut se promener avec délices au coeur même de la production hugolienne et découvrir des contrées ignorées jusqu’alors.  Découvrir ou redécouvrir d’ailleurs car les chemins littéraires déjà connus peuvent réserver des surprises. On n’en a jamais fini avec l’oeuvre de Victor Hugo.

    Un jour, dans son exil de Guernesey, Victor Hugo reçoit une lettre dont l’enveloppe a pour seule adresse “M. Victor Hugo. Océan”. Quand le patronyme d’un homme suffit immédiatement à l’identifier n’importe où dans le monde c’est bien que sa notoriété n’a plus aucune limite.  L’ambition d’Hugo a été cosmique et c’est cette ambition que Jean-Pierre Langellier parvient à synthétiser dans son ouvrage en près de 500 entrées.

  Il est parfois difficile de trouver dans une oeuvre la phrase qui résume une ambition.  Les Misérables  par exemple : “Il y a un point où les infortunés et les infâmes se mêlent et se confondent dans un seul mot, mot fatal, les misérables.”  Où encore Misère : “Dans la misère, les corps se serrent les uns contre les autres, comme dans le froid, mais les coeurs s’éloignent.” Tout l’esprit de Victor Hugo, sa langue, son goût de la synthèse transparaissent dans ces formules recueillies par Jean-Pierre Langellier à la manière du cueilleur qui choisit les meilleurs fruits.

  Cette plongée au coeur de l’oeuvre hugolienne révèle des petits trésors littéraires. Prenons Flatterie : “ Qui a soif de flatterie revomit le réel, bu par surprise.”  Le caractère d’Hugo, ses exigences  face aux réalités humaines, son inflexibilité  imbibent chaque phrase de l’auteur. Foi :“ La foi est bonne et saine à l’esprit. Il ne suffit pas de penser, il faut croire. C’est de foi et de conviction que sont faites en morale les actions saintes et en poésie les idées sublimes.

Souvent l’humour affleure au coeur d’une formule. Naissance :  “Voyez-vous, la naissance est une loterie ; Le hasard fourre au sac sa main, vous voilà né.” ou encore Nations :  “Les Nations sont comme les femmes, elles ne se lassent pas de s’entendre dire : je vous aime.

Mais Hugo est d’abord le médecin de l’âme humaine, celui qui se place en surplomb de l’humanité. Ainsi l’entrée “Peine de mort ” :  “Il y a au fond des hommes un sentiment étrange qui les pousse, ainsi qu’à des plaisirs, au spectacle des supplices.”  Marin sonne familièrement à nos oreilles :

                “Oh ! Combien de marins, combien de capitaines

                 Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines,

                       Dans ce morne horizon se sont évanouis”

Evidemment l’entrée Hugo, Léopoldine, disparue en 1843, est particulièrement riche, dévoilant le chagrin abyssal qu’éprouva l’écrivain à la mort de sa fille préférée : “La mort a des révélations ; les grands coups qui ouvrent l’esprit ; la lumière pénètre en nous en même temps que la douleur. Quant à moi, je crois ; j’attends une autre vie. Comment n’y croirais-je pas ? Ma fille était une âme, je l’ai vue, je l’ai touchée pour ainsi dire, elle est restée dix-huit ans près de moi, et j’ai encore le regard plein de son rayonnement ; dans ce monde même elle vivait visiblement de la vie supérieure.”

   Ce dictionnaire Victor Hugo permet de circuler librement dans une oeuvre multiple et d’une infinie richesse.  Parfois les dictionnaires sont de merveilleux raccourcis. Pourquoi s’en priver ?

ARCHIBALD PLOOM

 © Culture-Chronique --                                                

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