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ALESIA de Jean-Louis VOISIN :

 En 250 pages serrées l’historien Jean Louis Voisin nous ouvre les portes d’Alesia, site mythologique de l’histoire de France où chaque coup de pioche renvoie à l’archéologie d’une histoire qui appartient à tous les Français. Lieu de la résistance et de la défaite des Gaulois face aux légions romaines, Alésia constitue une réalité qui dépasse de loin le seul travail de l’archéologue.  Le Mont-Auxois est à l’histoire de France ce que Stonehenge est à celle de la Grande Bretagne. Il faut un début à tout.

Reconnaissons au dernier empereur des Français, Napoléon III, d’avoir largement contribué à faire entrer Alésia dans l’histoire de France  en ordonnant une campagne de fouilles sans précédents dès 1861. Voisin rappelle que l’empereur préparait  L’Histoire de Jules César  qui paraîtra en deux volumes. “En se plongeant dans cette enquête, Napoléon III était comblé : il satisfaisait sa piété familiale, son goût pour l’histoire et pour l’armée (…), sa curiosité pour les origines de la nation, et son besoin d’établir des parallèles avec les fortes personnalités du passé.”

   A partir de 1861 les équipes d’archéologues vont se succéder sur le terrain avec des périodes d’abondance ou de disette. Le coeur archéologique d’Alésia ne bat pas toujours au même rythme. Il y eut des automnes et des hivers. Les ouvriers sont selon les périodes une demi-douzaine ou une cinquantaine. Le travail avance parfois ralenti par les querelles de personnes.

    Jean-Louis Voisin nous apprend aussi que la photographie aérienne joua, à partir de 1959, un rôle conséquent dans les recherches. “Alésia devient un site expérimental dans la mise au point d’une véritable méthodologie de la photographie aérienne en ce qui concerne l’archéologie.” L’apport de la photographie aérienne est de premier ordre et elle a le mérite de valider les fouilles effectuées à l’époque de Napoléon III : “confirmations sur la contrevallation et la circonvallation” mais aussi la découverte de structures à fonction défensive inconnues jusqu’alors.

   L’historien ne manque pas de nous rafraîchir la mémoire sur les causes du conflit qui déboucha sur la rédition de Vercingétorix en 52 mais il nous renseigne aussi, en s’appuyant sur les dernières recherches, sur la disposition des fortifications romaines qui enserraient la fortification gauloise.  Autant d’observation qui renforce l’idée que c’est bien là que se déroula la grande confrontation de 52.  En effet les sites concurrents sont nombreux mais ne parviennent pas à emporter la décision face à Alésia. Seul le site de Syam-La-Chaux-des-Crotenay a pu constituer, un temps, un rival sérieux mais les recherches archéologiques n’ont pas apporté la moindre preuve  : “aucun camp, aucun fossé de défense, aucun rempart…

   Cet ouvrage, qui comporte aussi une chronologie et un glossaire ainsi qu’une bibliographie pour les plus passionnés, a le mérite de reconstituer l’image complète de ce lieu vivant qui conserve la mémoire d’un évènement qui marque les débuts de notre histoire nationale.

ARCHIBALD PLOOM

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