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SEANCE 88 : LES CHAUSSETTES DE MA PSY :

Mon œil va et vient sans que je puisse détourner mon regard de sa paire de chaussettes dépareillées.

Elle a dû s’habiller  en hâte à moins que ce ne soit une volonté de sa part ou simplement de la négligence vestimentaire.

Après tout qu’est-ce que cela  peut bien me faire au fond ?

Cela me renvoie à la chasse aux chaussettes que je pratique régulièrement.

J’ai fait le compte 14  paires de chaussettes masculines, toutes bleu marine ou noires toutes de la même pointure 42/44.

Comment se fait-il  qu’entre les pieds, le panier à linge et la machine à laver, inexorablement, chaque semaine certaines s’égarent en chemin.

Et sur l’étendoir invariablement j’accroche  des  chaussettes esseulées en quête de leur moitié disparue.

Quelle idée a-t-elle eue ce matin ma psy  de mettre des sandales avec des chaussettes.

Le mix sandales-chaussettes ne parvient pas à me convaincre. Mais selon les magasines féminins, c’est tendance si les sandales  sont compensées en cuir doré et que les chaussettes beiges bouchonnent un peu sur la cheville d’une jambe élancée.

Dois-je le lui dire ?

Ce côté femme enfant, ou collégienne, ne semble pas toucher les pieds de ma psy.

Elle porte ses chaussettes dépareillées à la façon monastique, dans ses sandales bibliques, en croisant et décroisant ses jambes avec toujours la même régularité. Invitant mon œil à les suivre  alternativement chaussette rose, chaussette rouge.

Je n’arrive pas à me concentrer sur la séance et par association d’idées, j’ai envie d’un café jus de chaussette, servi dans une grande tasse.

Un café à l’américaine bu par une Française qui n’aime pas mettre des chaussures fermées sans chaussettes mais déteste les chaussures ouvertes avec chaussettes.

Je deviens obsédée par les chaussettes aujourd’hui.

J’ai envie de lui dire : « Par pitié, cesser de décroiser vos jambes et de  m’exhiber vos chaussettes. »

Tiens, je constate que  ma psy m’énerve aujourd’hui.

C’est sans aucun doute bon signe.

J’entends sa voix hachée par mes pensées.

Ne me parviennent que des brides de ce qu’elle dit.

Pour une fois qu’elle parle longuement.

Pourvu qu’elle n’ait rien dit de primordial.

En sortant je marche d’un bon pas, pour rattraper le temps perdu à cette séance, le vent  rend le ressenti (mot à la mode météo) plus froid.

Je me recroqueville dans mon manteau.

Le froid doit me faire rétrécir, car je sens mon  bas Dim up commencer à glisser le long de ma jambe, j’essaie de le remonter discrètement et de le faire tenir sur ma cuisse, je n’y arrive pas, la rue est animée.

Alors je finis  discrètement  de le faire descendre et je le rentre dans ma botte comme une chaussette.

Zut ! Retour aux chaussettes !

 ALICIA RAHO 

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