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ECARLATE de Christine PAWLOWSKA :

 Christine Pawlowska, un nom d’avant la neige, un nom d’héroïne slave prête à se jeter sur le grand écran de la vie pour en écourter l’ennui. Une vie qui oserait porter du rouge en chaque saison et qui ferait des papillons de l’âme « l’internationale » des insoumises. Christine Pawlowska est de ces révoltées que nulle contrainte ne peut encager. « Jamais, jamais je ne deviendrai adulte », c’est sur cette affirmation que s’amorce son récit. Qui un jour n’a pas prononcé cette phrase ? Combien avons-nous été à la trahir ? Trahir : c’est bien ce qu’elle ne fit pas Christine Pawlowska. En cela elle évoque une sainte dévoyée qui refuse de se signer. De contre-allées en chemins de traverse, elle buissonne et cherche. Que cherche-t-elle ?  Un ailleurs pour apaiser sa sauvagerie qui très vite se heurte à l’autre, cet insuffisant toujours disposé à revêtir le manteau trop étroit du conformisme.

Alors, elle trébuche, tombe et se relève. Une chute vertigineuse ponctuée de rebonds de flamme. Cette flamme qui jamais ne s’étiole et dont la chaude présence jaillit au cœur de chaque page de son récit. Cette même flamme qui la guide vers la littérature, la poésie ou encore vers des amitiés amoureuses aussi idéalisées que décevantes. Impuissante et désertique, la mère assiste à l’éclosion de cette fleur dont le tempérament imprévisible s’accorde davantage avec celui du père qui parvient à la rassurer par sa droiture digne et fataliste. Christine admire prête à déifier chaque sourire qu’on lui accorde et la moindre déception écorche son cœur avec une violence inouïe. Percevoir au-delà de, tel est bien le génie de cette muse sans mentor dont le destin fut de gravir à mains nues les arêtes des sentiments. Mais déjà elle souffre vaincue par le mur.

« L’absurde naît de cette confrontation entre l’appel humain et le silence déraisonnable du monde » écrivait Albert Camus, et c’est justement ces ténèbres que combat l’auteure avec pour seule arme une sensibilité aiguisée. Consciente d’être singulière, elle finit par s’isoler, explore les zones d’ombre de son intimité et expérimente entre les bras d’un artiste peintre les frôlements écarlates du désir. « Aimer la vie, la brûlure jusqu’à la plaie » Christine Pawlowska est née pour incarner cette suppliciée de nos compromissions. Ce texte fut son unique récit et elle refusa d’en assurer la promotion préférant emprunter d’autres routes.

Plus offensive et lyrique qu’une Françoise Sagan, Christine Pawlowska avait 18 ans lorsqu’elle écrivit ce livre dont le cri ardent se mêle à celui d’une Carson Mc Cullers. Instinctif et lumineux, « Ecarlate » est un objet littéraire refusant de s’identifier dont l’expression viscérale est dénuée d’impostures. La jeune romancière n’avait pas besoin d’y recourir car elle possédait une grâce rare : celle de se poser sur l’or des mots.

 ASTRID MANFREDI

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