Partager cette chronique:
La librairie.com Amazon Babelio Decitre Fnac Nolim Sauramps Mollat La Procure Ombres blanches
VIE DES HAUTS PLATEAUX de Philippe ANNOCQUE :

Comment qualifier cetteVie des hauts plateaux de Philippe Annocque qui est pour le moins unauteur  adepte de la contrainte et du décalage.  Plateau après plateau ont a le sentiment de marcher dans les pas d’Henri Michaux ou des membres de l’Oulipo.  Chaque texte qui constitue cette oeuvre inclassable constitue une expérience littéraire en soi où le narrateur vit, aime et meurt avec la régularité d’un métronome.  L’incipit est, à ce titre un modèle du genre : “Comme c’était le dernier jour de ma vie, pendant que notre fils déjà adolescent était à l’école, je suis allé à la pêche avec ma femme.  Elle avait pris sa retraite de la police pour l’occasion. Elle enchaînait les belles prises pendant que je m’emmêlais dans ma ligne. Il faut dire qu’elle s’y connaît bien mieux que moi. Enfin c’était une belle journée.

Le lendemain matin, avant 7 h, en sortant dans la chambre à coucher, je suis mort .”  Où l’on pourrait  imaginer que c’est une curieuse manière de commencer  par la fin mais en vérité  pour Annocque  ce n’est au contraire qu’une question de moyens.  La mort est ici une expérimentation existentielle autant que littéraire. En héritier zélé du surréalisme, Annocque circule entre le rêve et la réalité, la vie et la mort, les femmes aussi. Sa littérature est profondément labile, jouant constamment avec les formes et renouvelant les thématiques abordées au fil des textes. Il faut ajouter une bonne dose d’humour noir à cet incroyable épopée littéraire pour saisir l’essentiel du projet d’Annocque.  “ Certaines robes sont interdites aux vieilles dames. Vous êtes jeune et fringante, vous vous promenez dans la rue vêtue de votre petite robe courte à bretelles, et voici que l’âge vous tombe dessus ( vous étiez au courant depuis longtemps bien sûr ; mais vous n’y penseriez plus). Et d’un coup, alors que vous étiez en pleine discussion avec un charmant jeune homme, vous voici  affublée d’une grande culotte  et d’un vieux chandail inconnus.” Philippe Annocque joue avec délice sur les différentes temporalités qui s’offrent à l’écrivain et nous permet de franchir avec lui des espaces que seule la littérature et la poésie peuvent nous offrir. A lire absolument pour la performance et pour le plaisir.  

ARNAUD LANKIRI 

 © Culture-Chronique --                                                

- -      Commander l'ouvrage

--  Les chroniques littéraires Culture-Chronique

--  S'inscrire à la Newletter

--  La communauté Facebook CULTURECHRONIQUE  

--  Le twitter CULTURE CHRONIQUE

Partager cette chronique:
Toutes Nos Chroniques
Rechercher par Auteur :