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SEANCE 89 : L'HÔTEL C'EST MIEUX À DEUX :

  J’avais envie d’une nouvelle expérience.

Je suis dans ma période « testons de nouvelles sensations ».

J’ai loué une chambre d’hôtel à la villa des artistes, sans doute à cause du nom, et de sa situation géographique .

Sans aucune raison particulière si ce n’est celle de dormir à Paris  dans une chambre à l’hôtel.

Après ma séance psy.

Je m’offrais Paris .

L’hôtel seule sans raison.

Je suis rentrée dans la chambre.

J’ai vite réalisé que cela me déstabilisait.

C’est comme si j’attendai une visite qui ne viendrait pas.

Je me suis assise sur le grand lit pour deux 

Afin de tester son moelleux et m’approprier le lieu.

Puis j’ai regardé par la fenêtre, la vue donne sur un mur peint, juste au dessus d’une mini cour où aux beaux jours les clients savourent un petit déjeuner.

J’ai inspecté la salle de bain le savon sentait bon.

J’ai allumé la télé, pour la forme, sans aucune intention de la regarder j’ai zappé un peu affalée sur le lit, trois coussins dans le dos .

J’ai mangé l’amande enrobée de chocolat déposée dans son enveloppe dorée sur la table de nuit, non  par envie, ni faim, uniquement par ennui et gourmandise.

Puis j’ai pris une douche , remis mes vêtements et je suis sortie d’un pas décidée vers la librairie Tchan .

Le libraire a failli me renverser dans sa Oui Oui mobile, quand j’ai traversé, sans regarder, la rue de la grande chaumière où il avait visiblement l’intention de se garer .

Il ne m’a pas écrasée et c’est tant mieux .
Sans quoi il se serait privé de mes achats et moi de ma nuit d’hôtel.

Dans cette librairie il y a toujours des clients improbables, comme ce vieux garçon avec son cartable en cuir et sa  vieille mère, visiblement un français installé à NY qui parlait à voix basse.

Ce devait être un érudit, peut être éternel étudiant , ou professeur d’université, ou un écrivain.

Ils dénigrent Paris, le bruit, la pollution, les crottes sur le trottoir, les fumeurs ; ils pleurent sur leur NY qu’ à peine quitté ils leur tardent de retrouver.

Je tends l’oreille, je les écoute par curiosité .

Ils sont à la caisse, empêchant  les acheteurs de régler, ils monopolisent le libraire, qui les écoute avec grande patience. visiblement ils les connait bien car ils projettent de déjeuner ensemble le lendemain midi pour raconter leur vie New Yorkaise.

Dans cet univers, tout le monde prend son temps, ici les heures restent en suspend, on pourrait se laisser enfermer, sans y prendre garde. Car tout se fait avec délicatesse et lenteur.

On est loin du remue ménage des grandes enseignes.

J’aime cette endroit feutré peuplé de livres et de lecteurs qui errent longtemps dans les rayons, sans qu’on leur en fasse le reproche.

Parfois on ose demander un conseil  à voix basse, il s’avère toujours précieux, judicieux, révélé comme un secret.

Choix difficile .

Dîner seule au restaurant , pique-niquer dans la chambre comme une voleuse ?

Une pluie torrentielle se met à s’abattre sur le pavé. S’envolent alors toutes mes velléités de faire le tour du quartier la nuit , je ne rêve que d’une chose me réfugier au chaud dans la chambre, dans le grand lit douillet qui m’attend.

Sous la pluie je file chez Inno. Comme une enfant je remplis un panier doré de mille et un bonheur , je me dis en déposant mon butin sur le tapis roulant. Jamais je ne mangerai tout cela ce soir.

Au milieu de la nuit, je suis réveillée par des gémissements de l’autre côté de la cloison. Visiblement on ne s’ennuie pas à côté !

Je n’ai plus sommeil, j’allume la télé et me réfugie dans une tablette de chocolat.

L’hôtel à deux, y a pas à dire, c’est mieux !

 ALICIA RAHO 

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