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140 PUISSANCE 2 : LA REVOLUTION EN 140 TWEETS :

Voilà encore un étonnant exemple de littérature sous contrainte avec ce 140 au Carré – La révolution en 140 tweets ou les lendemains qui gazouillent de Marc–Emile Thinez.  Exercice fort difficile s’il en est de faire se succéder sous une forme romanesque 140  Tweets de 140 signes. Dans une période où l’éphémère devient une tradition et où certains écrivains choisissent délibérément de faire court, le tweet, qui est en vérité une facilité technologique, semble être une possibilité romanesque pleine d’avenir. Il y a bien eu la littérature par textos mais reconnaissons que le tweet est plus exigeant, il contraint aussi fortement que la poésie.  Le tweet devient d’une certaine façon l’alexandrin des temps modernes. 

Hormis la performance oulipesque, Marc-Emile Thinez parvient à traiter le thème de la révolution sous forme d’aphorisme parfois fort grinçants, à saluer la mémoire du coureur Emile Zatopeck, et accessoirement à mettre en évidence les méditations de Thinez sur sa vie.

Les aphorismes qui se succèdent sont pleins de saveur. On imagine Alphonse Allais s’égarant dans un  traité sur l’Histoire de Hegel.  Du coup ce télescopage entre le sérieux, l’humour et le grinçant produit  des effets surprenants et souvent très réussis : “Un jour l’Histoire ne repasse pas les plats ; le lendemain elle se répète… On ne sait plus quoi inventer pour se faire bien voir du temps.” 

Evidemment les références à La Rochefoucault, Cioran ou Chamfort nous viennent d’évidence mais il faudrait ajouter  Pierre Desproges et Pierre Dac pour  être tout à fait exact car Thinez refuse  de s’enfermer dans des vérités toutes faites ; il aime ouvrir des perspectives.  On tire de cette lecture bien plus qu’une succession d’aphorismes qu’on aimerait d’ailleurs trouver plus souvent parmi les tweets que l’on reçoit car Thinez réussit finalement dans ces coups de sonde teintés d’humour noir à proposer au fond  quelques éléments de sagesse élémentaires face à l’histoire et au temps qui passe… Allez un dernier pour la route : “Du principe de contradiction. L’Eternité,  le temps, insatiable Révolution qui désire tout ici et maintenant. Et son contraire à tout jamais.”

 ARCHIBALD PLOOM

 © Culture-Chronique --                                                

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