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WATERLOO 1815 de Thierry LENTZ :

Waterloo sonne le glas d’une épopée qui débuta  avec Valmy en septembre 1792. Près d’un quart de siècle où la République puis l’Empire ont dominé militairement l’Europe. Waterloo met un terme à ce moment de l’histoire. Evidemment ces trois syllabes ne sonnent pas exactement de la même façon pour un Français ou un Anglais. Avec cette défaite une page se tourne, la plus prestigieuse de l’histoire de France, celle d’un idéal associé à une incroyable efficacité militaire. 

Thierry Lentz nous propose avec ce “Waterloo 1815” un ouvrage tout à fait remarquable par son iconographie, les cartes proposées et la qualité du texte.

Lentz travaille en impressionniste, il accumule les petites touches, ici le portrait de Grouchy, là la carte des forces en présence, là encore un point de débat sur  la stratégie de Napoléon.  Le lecteur circule avec bonheur dans ce livre-bataille qui reprend  point par point les différentes phases de l’affrontement. 

Où l’on comprend que le général Wellington va plier sans rompre sous les coups de boutoir des Français : “Spectacle extraordinaire, alors que la grande batterie d’artillerie s’était tue, 10 000 cavaliers s’élancèrent donc, au trot puis au galop, vers le centre anglais, sur un front de 600 mètres. Avant d’atteindre les carrés, ils furent canonnés par les artilleurs adverses, sans que leur élan soit ralenti. Ils s’abattirent ensuite sur l’infanterie, vague après vague, escadron après escadron. Ils furent repoussés, se reformèrent en contrebas et repartirent ainsi quatre fois à l’assaut.” Sans succès.  Il y avait déjà eu des batailles où la victoire était longtemps restée indécise - Eylau, Bordodino - mais à Waterloo le destin semble définitivement se refuser aux troupes françaises.  Rien ne marche, tout piétine et lorsqu’un retournement se produit il n’est pas favorable. Napoléon perd définitivement la main à Waterloo car Blücher arriva. Il n’y aura pas de victoire à la Pyrrhus.

L’arrivée de Blücher marque le retournement définitif  de la bataille en faveur des alliés.  Les rangs français se désunissent. L’officier anglais Tomkinson raconte : “Les ennemis montaient les uns sur les autres pour préserver leurs vie, il y en avait un tas de deux ou trois mètres d’où s’échappaient les cris de ceux qu’on écrasait ou que piétinaient les chevaux.” Pour éviter la capture, l’empereur continua à cheval.

Au terme de sa lecture, le lecteur possède une vision globale des mouvements successifs des troupes sur le terrain.  Thierry Lentz montre aussi l’inanité des questions marginales sur les défauts de Soult, le comportement de Ney ou la faute de Grouchy. Il préfère mettre en valeur le poids de l’évènement et de ses acteurs dans le cours de l’histoire. 

Récit passionnant d’une journée où la France cessa d’être celle des hussards pour revenir au bras d’une monarchie cacochyme et déjà lasse d’elle-même.  

BERTRAND JULLIEN

 © Culture-Chronique --                                                

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