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LA GUERRE DE SEPT ANS - 1756-1763 – d’EDMOND DZIEMBOWSKI :

 Edmond Dziembowski nous propose une remarquable réflexion  de près de 600 pages sur le conflit le plus emblématique du XVIII eme siècle et dans lequel s’engagèrent la France, la Grande-Bretagne, la Prusse, L’Autriche et la Russie. Cette guerre de sept ans que Winston Churchill n’hésita pas à qualifier de première guerre mondiale. L’intensité des combats aux quatre coins de la planète confère déjà à ce conflit une place particulière dans l’histoire des guerres modernes.

Les historiens américains qualifient de French and India War une guerre dans le cadre spatial et temporel propre au nouveau monde et les porte à rejeter l’appelation en vigueur en Europe. C’est en effet en 1754 que les hostilités ont commencé en Amérique du Nord avec la mort du capitaine de Jumonville. Elles s’y achèvent  en 1760 avec la prise de Montreal. Les historiens canadiens utilisent de leur côté l’expression de “guerre de conquête.”

Pour Edmond Dziembowski  le conflit a toujours peiné à trouver une dénomination universelle. Pour lui c’est la marque de l’évolution de l’historiographie. “Longtemps a prévalu le point de vue européocentré dans l’analyse des faits. “ Mais les études les plus récentes ont définitivement mondialisé cette guerre. La dimension planétaire du conflit  n’aura duré que quelques mois, du printemps  1755 à l’été 1756. Dès que Frédéric II envahit la Saxe, c’est la guerre de Sept Ans décrite par les livres d’histoire de la fin du XIXe siècle qui s’impose : une guerre essentiellement européenne dont l’enjeu fondamental consiste en une énième mise à jour de l’équilibre des puissances.  “C’est au sortir de la guerre de Sept Ans que la place de la Prusse dans le concert des puissances s’est une fois pour toute affirmée. C’est aussi à partir de 1763 que la vie internationale commence à être dominée par la pentarchie  constituée de la France, la Grande Bretagne , la Prusse, l’Autriche et la Russie qui, en 1914, constitue toujours l’ossature des deux systèmes d’alliances antagonistes qui mèneront l’Europe au cataclysme.”

Edmond Dziembowski s’oppose totalement à la position traditionnelle de l’historiographie soutenant que la guerre de Sept Ans n’aurait suscité que de l’indifférence. A ce titre l’ouvrage décrit avec précision la vague de patriotisme qui va secouer la France, un patriotisme d’un caractère nouveau qui mobilise les Français en leur faisant progressivement  quitter l’habit de sujet  au profit de celui de citoyen.  La monarchie française en perdant la guerre engloutit simultanément l’essentiel de sa légitimité.  Pour Dziembowski la fin de la la guerre laisse l’Ancien-régime considérablement affaibli.

A travers un récit historique d’une grande qualité Dziembowski nous propose une lecture renouvelée et originale de cette guerre  qui vit les royaumes d’Europe  opérer des mutations  qui  allaient influencer l’histoire  pendant les décennies et les siècles à venir.  Au coeur du siècle des lumières le conflit annonce la domination de la Grande Bretagne sur le monde, l’émergence de l’Allemagne en tant que puissance de premier plan et dessine les contours d’une France qui se passera bientôt de la monarchie. 

PIERRE-ANDRE D'AGUESSEAU

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