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LA SECONDE GUERRE MONDIALE de Claude QUETEL :

 Traiter de l’ensemble du quinquennat de la seconde guerre mondiale était jusqu’à maintenant une activité historique plutôt anglo-saxonne.  Trois historiens avaient réussi cette prouesse tant au niveau de la documentation que de la synthèse de l’ensemble des informations collectées : Anthony Beevor récemment mais aussi John Keegan et Liddel Hart. Jusqu’à présent les Français, trop fragmentaires, s’étaient cassé les dents sur cet exercice.  En nous proposant sa version de “La seconde guerre mondiale” Claude Quetel parvient dans un mouvement d’une grande amplitude à embrasser les questions militaires, diplomatiques et économiques sans jamais perdre le fil d’une narration pleine de verve.

Son travail dépasse d’ailleurs les seules années de conflit car il nous propose d’importants développements sur l’amont et l’aval du conflit. Quetel s’interesse en particulier à l’économie de guerre, et la propagande.  Son analyse du nazisme et de la Shoah est, par ailleurs, tout à fait passionnante.  Visiblement l’historien a eu à coeur de couvrir la totalité du champ des faits et des connaissances sur cet immense sujet.   

Son analyse commence d’ailleurs au lendemain de la première guerre mondiale au moment de la négociation du funeste traité de Versailles qui permet d’affirmer que Clémenceau gagna la guerre au terme de 52 mois de terribles combats mais perdit en définitive la paix par les conditions insoutenables que les Français en particulier voulurent imposer à l’Allemagne. Les 132 milliards de marks or de réparation plombèrent d’emblée la jeune république de Weimar et firent le lit du nazisme.

Pourtant en mars 1935 Hitler crée la Kriegsmarine et la Lutwaffe alors même que le traité de Versailles interdisait la constitution d’une force armée allemande. Les généraux allemands s’apprêtent à affronter une intervention militaire de la France mais rien ne se produit. France, Grande Bretagne et Italie se contentent de protester séparément.  Jusqu’en 1939 on pense qu’Hitler n’aura ni le courage ni les moyens de se lancer dans un conflit. Pourtant le 1er septembre, à 4h45 du matin, sans déclaration de guerre, le IIIe Reich attaque la Pologne.

La Grande-Bretagne et surtout la France n’entrent en guerre qu’avec la plus grande réticence. La Pologne est rapidement rayée de la carte. Le 30 novembre 1939 l’Union soviétique attaque la Finlande avec 28 divisions mal équipées. Les Finlandais taillent les Russes en pièces. L’URSS paraît alors un colosse aux pieds d’argile sur le plan militaire.  

Le 10 mai 1940 les Allemands lancent leur offensive sur la Hollande, la Belgique et la France . Le 13 mai en fin d’après midi, le XIX. Panzerkorps de Guderian (3 divisions blindées) passe la Meuse également réputée infranchissable, appuyé par une flotte aérienne de 1500 avions. Guderian y gagne le sobriquet de “Heinz le rapide”. “Une action concentrée de l’aviation alliée, qui n’est pas absente du ciel aurait pu provoquer un embouteillage mortel des divisions Panzer au débouché des Ardennes…” Ce ne fut pas le cas et Guderian fonça dans les plaines françaises.

Grâce à une table des cartes tout à fait remarquable, le lecteur peut suivre l’évolution des théâtres  d’opération  : ceux de la Méditerranée, du Pacifique, de Russie puis de Normandie et d’Allemagne.

Quetel, qui dirigea en son temps, le Mémorial de Caen, retrace point par point l’évolution du conflit  jusqu’à son terme et la fondation de L’ONU.  Le bilan est sans appel : “La guerre a appauvri vainqueurs et vaincus à l’exception d’un seul : les Etats-Unis. Le nombre de leurs chômeurs qui était de 7 millions en 1939 est tombé à 700 000 en 1945. Leur production a progressé dans tous les domaines et doublé ainsi que le revenu  moyen des Américains. Leur flotte marchande constitue les deux tiers de la flotte mondiale. Ils produissent les deux tiers du pétrole mondial et la moitié du charbon. Soixante pour cent de l’or de la planète est stocké chez eux.  Fixant les prix sur un marché devenu mondial, le dollar est devenu monnaie de réserve depuis les accords de Bretton Woods en 1944.”

Le plus terrible conflit de tous les temps a totalement redistribué les cartes laissant derrière lui des forêts de tombes : 27 millions de Soviétiques, 6 millions de Polonais, 6 millions d’Allemands, 4,5 millions de Japonais, 1,5 million de Yougoslaves, 580 000 Français et 365 000 Anglais.  La guerre froide peut commencer.

Un ouvrage indispensable qui permet de rassembler l’essentiel sur cette guerre qui accoucha du monde dans lequel nous vivons désormais.

ARCHIBALD PLOOM

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