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LA GUERRE D’HIVER de Philip TEIR :

    La littérature finlandaise est assez peu diffusée en France, raison pour laquelle on doit toujours se réjouir des traductions qui nous sont proposées par les éditeurs hexagonaux.

On peut imaginer que la publication d’un premier roman  nordique par un important éditeur français ne va pas de soi. Si Albin Michel s’est lancé dans l’aventure c’est bien que l’oeuvre de Philip Teir “La guerre d’hiver” constitue une oeuvre d’une grande qualité littéraire et narrative.

    Il y a dans ce roman une influence anglo-saxonne indéniable, on sent parfois les ombres tutélaires de Richard Russo, Jonatan Franzen ou encore David Lodge. L’histoire de cet universitaire réputé, qui, au tournant de la soixantaine va tenter de retrouver le feu de sa jeunesse en vivant une idylle avec une jeune journaliste de 30 ans sa cadette, n’a rien de très original. Le propos a été traité bien des fois et parfois avec génie, Philipp Roth est, à ce titre, l’un des spécialistes de ce thème.

   Philip Teir est né en 1980, c’est donc un jeune écrivain qui aurait pu joliment se casser les dents en tentant de peindre la crise de la soixantaine. Reste qu’au terme de cet ouvrage de près de 400 pages nous devons nous rendre à l’évidence : un écrivain trentenaire peut écrire un roman tout à fait réussi sur  la conjugalité d’un couple qui a le double de son âge! Après tout la bonne littérature se fiche bien des expériences existentielles des auteurs. Il faut d’ailleurs se féliciter de l’excellente traduction de Rémi Cassaigne qui permet à “La guerre d’hiver” de franchir les neiges du grand Nord pour venir jusqu’à nous.

   L’idylle entre l’ancienne étudiante devenue journaliste et le professeur d’université va déclencher une série de crise dans l’histoire tranquille d’une famille sans histoire.  Max qui désespère de terminer son roman dont il ne parvient pas à rendre le manuscrit à son éditeur va devoir affronter une tempête existentielle et familiale qu’il n’avait sans doute pas souhaité. Philipp Teir peint les situations avec une distance toute britannique qui ne pourra que réjouir ses lecteurs  : ”Max était réaliste en matière d’infidélité. Il n’imaginait pas qu’il y ait quelque part une nouvelle femme qui puisse le rendre plus heureux.  Au contraire, il pensait souvent en rencontrant des femmes : ce rire finirait par m’énerver, au bout d’un moment je ne supporterais plus ce trait de visage, ce serait une horreur  de voir ce menton tous les jours.” Une peinture douce amère des aléas de la vie de couple qui fera les délices des lecteurs appréciant les températures glaciales d’Helsinki et la vérités des sentiments amoureux. 

 ARCHIBALD PLOOM

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