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PORTRAITS DE NAZIS de Werner BEST :

Ce PORTRAITS DE NAZIS est un livre étrange par son origine même puisqu’il est le fait d’un homme qui occupa des responsabilités importantes au sein du NSDAP dont il fut l’un des idéologues et qui joua un rôle non négligeable au coeur du IIIeme Reich.  Werner Best était   juriste de formation, il fut l'éminence grise de la SS et  assura la fonction de directeur adjoint de la police secrète. Il administra la France occupée et fut finalement arrêté à la fin de la guerre au Danemark où il avait été plénipotentiaire du Reich.

Aucun mea culpa de la part de l’un de ceux qui contribua à forger l’idéologie nazie. Ce n’est pas son propos. Son engagement fut résolu et sans faille.  Il échappa à la peine de mort au Danemark et fut libéré des 1951 alors même que son implication dans le système nazie était totale.  De retour en Allemagne il lutta jusqu’à sa mort pour défendre ses intérêts et ceux des anciens nazis. Rien à espéré donc de ce côté.

L’intérêt de l’ouvrage – six portraits d’authentiques nazis : Hitler, Göring, Ribbentrop, Himmler, Heydrich, Canaris – tient au fait que Best cotoya de très prêt ces hauts dignitaires et que les descriptions qu’il en fait sont d’un réalisme inédit.  Le portrait de Hitler en particulier qu’il présente comme un prophète transcendé par la foi dans son idéologie, flamboyant à ses débuts et chaleureux avec tous puis, à mesure que l’on avance dans les années, de plus en plus taciturne, vieillissant, indifférent aux autres et paraissant totalement ahuri dans des situations qui auraient réclamé toute son attention.  Best se demande même si le Fuhrer n’avait pas été, dans les dernières années, gagné par la folie.

   L’ensemble de l’ouvrage est très factuel, narrant les rencontres de Best avec les six hiérarques dans les conditions précises de leur déroulement.  Ainsi Ribbentrop est-il présenté comme un individu nerveux et maladif, Göring passe au contraire pour un bon vivant à l’humour grinçant et grand amateur d’art.  Canaris, ancien dirigeant de l’Abwerh, est présenté comme un homme loyal qui fut pendu parce que soupçonné d’avoir participé  à l’attentat du comte Stauffenberg contre Hitler  alors qu’il n’avait rien à voir avec ce complot.  Himmler est vu par Best comme un romantique obsédé par la “noblesse germanique de la race nordique” . Il se considérait comme un éducateur. Il aimait instruire ses hommes, les réprimandait et les punissait.  Maniaque, il avait toujours raison et aimait professer avec pédanterie. Son action avait pour origine un dogme, un principe et non des motifs émotionnels.  De son côté Heydrich était le supérieur direct de Best. Il est décrit comme un être primaire au caractère démoniaque qui générait chez ses interlocuteurs peur et insécurité. Il avait l’intelligence du chasseur, de l’escrimeur, du conquerant. Sa violence était hors norme.  “ C’était l’inhumanité inconsciente et intrinsèque d’une  force naturelle qui attaque instinctivement et ne se rend pas compte de tout ce qu’elle décime.”  Il mourra dans un attentat à Prague en 1942.

L’ouvrage de Best ne se contente pas de faire le portrait des principaux hiérarques nazis. Il reste un idéologue du nazisme. Il vise trois objectifs :  se justifier personnellement, expliquer l’échec  du III eme Reich, repenser le nazisme. Il en arrive à une conclusion qui souligne  qu’il resta nazi jusqu’à la fin : pour lui ce n’est pas le nazisme qui échoua mais les hommes chargés de le mettre en oeuvre. 

HUGUES DE SINGLY

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