Partager cette chronique:
La librairie.com Amazon Babelio Decitre Fnac Nolim Sauramps Mollat La Procure Ombres blanches
BERTHIER de Franck FAVIER :

    “Berthier - l'ombre de Napoleon” l’ouvrage de Franck Favier répare une considérable injustice historique, replaçant à la place qui lui revient la statue du Maréchal Berthier dans l’épopée napoléonienne. Chacun a entendu les noms de Murat, de Ney ou encore de Davout mais reconnaissons que celui de Berthier nous est souvent inconnu. Pourtant celui dont Napoléon dit à sa mort : “ Nul autre n’eût pu le remplacer”, fut l’une des pièces maitresse du système militaire napoléonien. Favier retrace avec précision l’itinéraire de ce fils de militaire. Jean-Baptiste Berthier, son père, était ingénieur géographe, et Louis Alexandre né en 1753 est le fils ainé d’une famille de douze enfants.

   La destinée des fils Berthier était tracée d’avance; ils devaient prendre place dans le le réseau des ingénieurs géographes et leur père dirigea rapidement leur formation vers les bureaux du ministère de la guerre.

   Enfant particulièrement précoce Louis-Alexandre réussit en 1764 à entrer à l’école royale du génie de Meyzière à 11 ans. Il intègre ensuite très logiquement le corps des ingénieurs géographes. En 1769, année de la naissance de Napoléon, Louis-Alexandre Berthier devient officiellement ingénieur géographe à Ajaccio.  Il participera au début des années 1780 a une expédition sur les côtes américaines et à la veille de la révolution c’est un lieutenant colonel de 35 ans, officier d’état major distingué jouissant d’une excellente réputation dans l’armée.

   Pendant la révolution il échappe à l’épuration et se couvre de gloire en Italie avec Bonaparte. La rencontre de Louis-Alexandre Berthier avec le jeune général Bonaparte, qui est son cadet de 16 années, va totalement bouleverser le cours de sa vie en donnant naissance à une collaboration militaire de près de 20 années ce qui est unique dans l’histoire militaire.  Il participera aussi avec Bonaparte à la campagne d’Egypte entre 1798 et 1799.

   Comme le souligne avec humour l’historien, dans les années qui suivirent Berthier devient l’homme à tout faire de Bonaparte. Il accepte toute les missions. Il devient un temps ambassadeur à Madrid, devient ministre de la guerre, prépare l’invasion de l’Angleterre qui n’aura jamais lieu.

  Le 2 décembre 1804 il fait partie des grands officiers qui participent au sacre de Napoléon. Berthier homme de l’ombre devient l’un des grands dignitaires de l’Empire et récolte avec l’avènement de Napoléon les fruits d’un travail harassant.

   A partir de 1805 l’Europe va se transformer en champs de bataille et Berthier devient le major général de la grande armée. Napoléon conçoit, ordonne, tandis que Berthier exécute, organise, sans discuter. Il devient l’un des fondements de l’organisation militaire napoléonienne.  Pour cela l’Empereur le récompensera généreusement en lui donnant le titre de duc de Neuchâtel et de Wagram. Entre 1810 et 1812 ses ressources annuelles sont de plus d’un million de francs ce qui, pour l’époque, est tout à fait considérable.

   Mais à partir de 1812 l’étoile impériale pâlit et le désastre s’annonce.  La grande armée s’épuise et ses rangs sont de plus en plus composites et hétérogènes : Saxons, Bavarois, Polonais, Hollandais. Les maréchaux sont de moins en moins confiants. Lors de la campagne de Russie Berthier s’occupe des relations entre les différents corps.  Il s’épuise et sa santé devient fragile.  Malgré le désastre moscovite Napoléon parvient encore à l’emporter sur les coalisés à plusieurs reprises. 

    Le 25 juin 1813 Napoleon  a une entrevue avec Metternich pendant près de six heures où ce dernier propose à l’Empereur de ramener la France aux frontières d’avant 1789. Refus catégorique de l’empereur.   Metternich déclare à Berthier qui le raccompagne à sa voiture : “Il m’a donné tous les éclaircissements désirables : c’en est fait de lui !"

Plus tard  Berthier assistera au vingt jours de Fontainebleau où Napoleon connaitra espoir, désespoir, abandon. A partir de ce moment il s’agira pour Berthier de vivre sans celui à qui il avait consacré son existence. Le Ier juin 1815 Berthier tombe de l’une des fenêtres du chanteau de Bamberg. Il se brise le crâne et meurt.  Suicide, accident, où assassinat ?

   Le 18 juin au soir de Waterloo constatant sa défaite l’Empereur eut ces mots célèbres  : “ Si Berthier était ici, les ordres seraient arrivés et je n’aurais point ce malheur.”

   Ouvrage remarquable de concision ce “Berthier” de Franck Favier est à mettre entre toutes les mains des passionnés d’histoire napoléonienne. Il nous rappelle au terme de cette peinture sensible et profonde du maréchal Berthier qu’il n’y a pas de génie qui ne puisse triompher sans être associé à des hommes de talent.  

ARCHIBALD PLOOM

© Culture-Chronique --                                                

- -      Commander BERTHIER

- -       Découvrez les sélections de votre libraire

--  Les chroniques littéraires Culture-Chronique

--  S'inscrire à la Newletter

--  La communauté Facebook CULTURECHRONIQUE  

 

 --  Le twitter CULTURE CHRONIQUE

Partager cette chronique:
Toutes Nos Chroniques
Rechercher par Auteur :