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LE PAYS SILENCIEUX de Christine CERRADA :

      Laure Brenner est condamnée. Condamnée à mourir. Oh! elle n'a rien fait de mal, elle est juste très malade. Elle décide donc de livrer ses impressions mais elle est trop faible pour écrire. Ainsi elle décrète de s'enregistrer et  de laisser le soin à son mari de tout retranscrire afin d'en faire un livre quand elle ne sera plus là. "Je l'affirme: C'est incroyable , c'est insensé qu'on ne me laisse pas parler de ma mort! C'est insensé qu'on ne parle pas de la mort dans nos sociétés. On va passer au mieux cent ans en vie, mais une éternité dans la tombe..." C'est tellement vrai, la mort est tabou, la mort fait peur alors on la fuit. Pourtant Christine Cerrada à travers « Le pays Silencieux » a choisi d’aborder avec toute la délicatesse et l’élégance littéraire qu’on lui connaît.

        Pour Laure, il y a désormais urgence à vivre, alors  tous les membres de sa famille vont l'entourer au mieux. Louis, son mari, décide de lui offrir chaque mois une estampe japonaise. Quel voyage à chaque fois! On passe de la découverte à l'imagination.      Laure n'a plus d'avenir et voilà que son ami d'enfance Paul n'a plus de passé. Après un accident il a tout oublié. Qui mieux que Laure peut l'aider à retrouver cette mémoire défaillante? Avec une infinie tendresse, elle lui raconte leur vie d'enfants, leurs sentiments, elle lui fait sentir les odeurs qui les accompagnaient, elle essaie de lui redonner des naissances de souvenirs. Et puis un beau jour, Louis décide avec son fils  Alex de quitter Paris et  de  partir quelques temps dans le sud Ouest de la France où Laure a vécu. La famille s'affaire pour transformer ce temps compté en belle aventure. Quelle expédition! Laure est fragile, l'intendance doit être à la hauteur.  Paul est bien sûr du voyage . Ils débarquent tous dans une belle maison bourgeoise, un peu austère. Il faut reprendre ses marques et se dépêcher de vivre.

       Laure sait qu'elle chemine doucement mais sûrement vers l'inéluctable. Elle s'ingénie à accepter et voudrait que son entourage en fasse de même, que sa mort ne lui soit pas volée, qu'elle puisse en avoir une initiation, la préparer, faire ses adieux. En attendant, l'heure est à la vie. Les interrogations de Laure sont nombreuses, inévitablement la foi en est une. En quoi faut-il croire? Elle voit un magnétiseur pour la soulager, son "passeur" comme elle le nomme. Tout le monde est très attentionné à son égard. Elle fera l'inévitable pèlerinage à Lourdes même si elle sait qu'il est vain et pourtant elle y trouvera cette sérénité nécessaire et cet apaisement qui lui permettront de partir avec une sorte de bien être. 

Ce n'est pas si simple d'aborder un livre qui parle de la mort. Et pourtant quelle belle lecture enrichissante que celle que nous offre Christine Cerrada dans «Le pays silencieux»! Une lecture qui soulève tant d'interrogations. Une lecture émouvante, pleine de vie, d'intensité. Une lecture où la mort devient plus paisible, fréquentable, abordable même si l’on éprouve, le livre terminé, une irrésistible envie de vivre.

SYLVIE LAVAINE  

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