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LES FEMMES S’EMMERDENT AU LIT de Sonia FEERTCHAK :

 Longtemps je me suis emmerdé au lit…”  écrit  Sonia  Feertchak à la manière de Proust…   Le pire serait peut être, pour filer la métaphore jusqu’au bout, de se coucher de bonne heure pour finalement s’emmerder au lit.  Reste que  le titre de l’essai de Sonia Feertchaak “Les femmes s’emmerdent au lit  aurait tout du ramasse miettes marketing qui n’oublierait aucun lecteur !

   Pourtant  au terme d’une lecture aussi élucidante que documentée force est de reconnaitre que cet essai atteint sa cible et constitue une vraie réussite éditoriale. Non que l’auteur  réussisse à faire enfin tomber l’amant de son piédestal viril, il y a longtemps que ce dernier a volé en éclat  beau milieu de la place centrale de la sexualité et que chaque homme a bien du mal à retrouver ses propres morceaux,  mais parce que son enquête pose de vraies questions et fournit des réponses qui concernent tous ceux qui sont en âge de faire l’amour.  Certes Sonia Feertchak sait présenter la question du désir avec beaucoup d’humour, c’est sa force, d’autant qu’elle n’hésite pas à se mettre courageusement en situation mais le résultat de ses réflexions interroge aussi les amants des deux sexes avec une acuité qui renvoie chacun à sa condition.

  Sans déflorer l’ensemble du propos certains points méritent d’être mis en exergue tant ils renvoient aux transformations rapides auxquels hommes et femmes ont dû faire face dans les dernières décennies.  Il y a d’abord ceux qu’elle désigne par le terme générique de “nouveaux garçons”  : “ Le nouveau garçon est les rejeton du féminisme et de l’hygiénisme consommatoire. (…) Homme au désir empêché , il voudrait bien mais il n’ose pas. (…) Il porte une attention authentique et désintéressée à celle qu’il croise.” Malheureusement l’origine de cette attitude  tient à une forme de conditionnement  féministe :” … tout le contraire de l’indépendance d’un esprit éclairé .  Ce n’est rien de dire qu’il a été influencé : il a été programmé, formaté  (…)  Par gentillesse, délicatesse ou empathie, le nouveau garçon, bon élève, adopte la position de la tendresse. Il s’y soumet en gage d’intelligence, de bonne conduite, pour amadouer les rétives aussi. Nul doute que nous avons affaire à un homme de bonne volonté.”    Toute cette bonne volonté est bien sympathique  mais inopérante quand il s’agit de sexe parce qu’il se pourrait  que les filles aiment la tendresse avant et après  mais qu’elles aiment aussi être prises sauvagement  pendant…

   Sonia Feertchak fait un portrait  des nouvelles femmes tout aussi contrasté à travers celle qu’elle nomme  avec humour la “féminette” association de  la féministe et de la midinette qui doit être reconnue indépendamment de son physique  “tout en ayant l’obsession d’être physiquement agréable à l’oeil… (…) Avant toute chose la féminette comme tant d’autres aujourd’hui, se met une pression toute personnelle en se persuadant qu’au XXI eme siècle l’orgasme est obligé.” Mais la réalité est plus complexe, la revendication de l’orgasme est finalement le meilleur moyen de ne jamais le convier.

   L’essai examine par ailleurs les effets de la pornographie sur les représentations du désir des hommes et des femmes et tente de proposer un nouveau contrat sexuel qui échapperait autant à la morale bourgeoise qu’au politiquement correct. Le sexe n’est pas un robinet d’eau tiède, elle est parfois trouble et le plaisir n’a rien de pur. L’ouvrage de Sonia Feertchak  a le mérite de rattraper le désir par la queue et de poser clairement  les questions qui fâchent . Allez français encore un effort !  

ARCHIBALD PLOOM

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