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LE PARADIS DES ANIMAUX de David James POISSANT :

  Nombre d’auteurs nord américains commencent leur carrière en publiant des recueils de nouvelles. Il existe en effet des dizaines de revues qui publient des nouvelles aux Etats Unis. C’est sans doute une des raisons qui permet à l’Amérique du Nord de produire une littérature qui met aujourd’hui loin derrière elle celle qui domina le monde jusqu’à Albert Camus,  la nôtre.  Il est vrai qu’en France on ne s’intéresse guère à la nouvelle, en France on ne travaille pas son style, on nait avec du style et on écrit des romans aussi sec ! On connait le résultat : 50 ans de littérature épuisante de nombrilisme avec quelques prix Nobel pour faire oublier l’indigence générale.  Mais rompons et revenons à notre sujet…

    David James Poissant est l’un de ces écrivains trentenaires qui, comme Holly Goddard Jones, s’est d’abord construit  en publiant des nouvelles.  Avec “Le paradis des animaux” il nous propose un recueil de 12 nouvelles  qui le fait entrer directement dans la cour des grands.  Ce professeur de littérature sait planter le décor de vies ordinaires. Evidemment rien dans ces nouvelles pour vous remonter particulièrement le moral.  Ce “Paradis des animaux” est au aussi l’enfer des rendez-vous manqués. Poissant ne raconte pas la fin du monde mais plutôt celle des illusions, celles des erreurs qui se paient toute une vie, des fautes qui vous exproprient de vous même. Et puis il y a cette satanée fatalité qui collent à la peau des personnages comme Fabrice Del Dongo dans “La Chartreuse de Parme”qui voit ses rêves de gloire s’évaporer durant la seule et unique bataille à laquelle il participera : Waterloo.

Reconnaissons sans mauvais jeu de mots que les héros de Poissant sont de sacrés poissards. Les circonstances leur sont souvent contraires. Ce sont des histoires où les loups se mettent sur leurs pattes arrière pour regarder aux fenêtres des maisons, où le désespoir peut se calculer selon les termes d’une équation dans l’espace, où les pères de famille peuvent se montrer désespérément indignes ou tenter des rachats impossibles.  Notons d’ailleurs que David James Poissant traite avec brio de la paternité , mais aussi des histoires de chats –  n’y voyez aucun lien avec Murakami -, ou encore de la meilleure façon de perdre la vie en choisissant de ne pas obtempérer lors d’un braquage, et aussi de la nécessité d’éviter un essaim d’abeilles en colère. Oui tous ces récits sont terribles et ne finissent pas bien mais force est de reconnaitre qu’ils sont aussi magnifiquement humains.  L’auteur parvient en quelques phrases à faire débouler un réel assez hostile dans votre pauvre tête de lecteur sans crier gare. Vous voilà embarqué dans un voyage de Floride en Californie pour arriver trop tard au rendez vous de votre vie.  Poissant maîtrise l’art du récit court avec un naturel sidérant. Nul doute qu’il est tombé petit dans la marmite de Raymond Carver. A lire absolument sauf si vous détestez les chiens morts et les alligators…

ARCHIBALD PLOOM

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