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NOSTALGIA, LA MELANCOLIE DU FUTUR :

 « J’ai aimé comme tout le monde
. Et je sais que, depuis toujours,les prés mouillés sont mis au pied de l’année.
 Au chevet de nos cœurs l’amour dépose
 la frissonnante nouveauté des mondes. »
Boris Pasternak

Découvrir Nostalgia, La mélancolie du futur, c’est aussi retrouver le contact délectable d’une fabrication de qualité. Exigence du papier, sobriété élégante de la couverture façonnée pour résister aux assauts du temps et trouver sa légitimité dans une bibliothèque. Les mots qui composent ce recueil de dix-huit nouvelles viennent confirmer le raffinement de l’écrin. Dix-huit nouvelles russes qui renouent avec cet état entre dérision et mélancolie que l’on appelle l’âme slave. Cette âme toujours un peu titubante faite de mondes intérieurs dévastés, de trains qui mènent vers la Toundra, d’immeubles gris aux fenêtres étroites comme des meurtrières et de Datchas romantiques entre les murs desquels déambulent les fantômes de Lara et du Docteur Jivago. Eternelle Russie mendiante d’alcool fort, tour à tour éructante comme un ogre à bacchantes et fragile comme une enfant aux longs cheveux de paille.  Les larmes et les rires, la beauté et la laideur, une chorégraphie d’émotions contradictoires où la tiare de l’empereur côtoie la faucille du camarade. Une histoire comme un monstre à deux têtes, une histoire de diables rouges et d’icônes faite pour être écrite et contée par les romanciers.

En renouant avec cette grande tradition d’une plume russe libre et échevelée, Nostalgia nous invite dans un pays de neige encore hanté par les heures sombres du communisme, les privations de liberté et qui en dépit de la brève éclaircie de la Perestroïka peine à enchanter son histoire contemporaine. Bien que connecté au monde avec tous les outils de l’ultra libéralisme, l’homme russe moderne demeure au plus profond de son âme ce vagabond lyrique qui convoque la voûte céleste. Car c’est bien cette insatisfaction, cette impossibilité du bonheur terrestre, que retrace cet  excellent florilège de nouvelles à la haute teneur littéraire. Quels que soient les régimes politiques et les coups du sort l’âme slave résiste au temps et la mélancolie qui la poursuit demeure cette noblesse identitaire qu’aucune révolution marxiste ou capitaliste ne pourra destituer.

Préfacé avec talent par une Mazarine Pingeot inspirée et honoré de la présence d’Elena Pasternak, petite fille de Boris, qui signe la plus belle nouvelle, Nostalgia, La mélancolie du futur, est un voyage baroque et désenchanté en terre russe, cette terre rude et vulnérable sur laquelle s’obstinent les empreintes de la grande littérature.

ASTRID MANFREDI

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