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LE IIIeme REICH ET LE MONDE de Charles BLOCH :

L’ouvrage de l’historien Charles Bloch, disparu en 1987, “Le IIIeme Reich et le Monde” constitue une somme incontournable sur la diplomatie allemande de 1933 à 1945. Bloch nous propose une passionnante plongée de 500 pages qui met en lumière le fonctionnement de la politique étrangère d’Hitler. Le travail de l’historien ne se contente pas de scruter en détails la diplomatie du Reich, elle s’accompagne d’une passionnante étude de la structure du régime , des conceptions en matière de politique étrangère des dirigeants,  de l’Auswärtiges Amt (le ministère des affaires étrangères allemand), des organisations nationales socialistes et de l’armée. 

L’une des questions à laquelle répond Charles Bloch dans son ouvrage est essentielle : pourquoi la population a-t-elle adhéré massivement à la politique d’Hitler ? Selon l’historien la réponse se situe dans les succès du Reich dans le traitement du chomage de masse mais aussi ses succès en politique extérieure qui replace l’Allemagne au coeur du jeu diplomatique européen et mondial. Et comme le souligne Bloch, jusqu’en 1936 la très grande majorité des allemands est favorable à la politique rusée et réaliste du chancelier.

On trouve aussi dans “Le IIIeme Reich et le Monde” des informations nouvelles sur les erreurs d’Hitler en matière de politique extérieure en particulier à l’égard des pays colonisés, le rôle du Proche et du Moyen Orient et la coopération souvent chaotique avec le Japon. Ce que montre Bloch c’est qu’Hitler cherchait à constituer un empire continental et que cet objectif était en soi irréalisable, particulièrement vis à vis de l’Union soviétique qui a finalement précipité sa chute.

Il est intéressant de constater au terme de la lecture de l’ouvrage  que la politique étrangère du III eme Reich s’appuyait  sur une longue tradition nationaliste qui remontait au romantisme allemand du début du XIX eme siècle.  Mais l’objectif final  d’Hitler manquait de réalisme. L’armée allemande n’aurait pu contôler les immenses territoires qu’elle devait conquérir. La puissance économique et militaire de l’Allemagne associé au nationalisme de la population ne suffisaient pas à assurer la pérénité de l’Empire.  On ne peut tenir  tout un continent asservi pendant des générations. Comme l’affirmait l’historien Jean-Baptiste Duroselle : “Tout empire périra.”  Bloch écrit : Hitler “aurait pu spolier les richesses de l’Europe pendant un nombre limité d’années et essayé d’y établir “l’ordre nouveau” en exterminant des dizaines de millions d’innocents. La défaite aurait été néanmoins inévitable, car il n’avait aucune chance de vaincre l’Amérique et ses immenses ressources. ” Göring de son côté proposait une politique étrangère basée sur la domination allemande de l’Europe mais privilégiant des liens économiques avec la Grande Bretagne et les Etats Unis. Ce fut finalement la vision inflexible et conquérante d’Hitler qui l’emporta condamnant le Reich sur le très court terme historique.

“Le IIIeme Reich et le Monde” s’impose comme une référence obligée concernant l’histoire diplomatique de la période.  Sa vision globale, qui embrasse tous les continents, permettra au lecteur de saisir les grands enjeux auquel le dessein d’Hitler exposa le monde.  Un travail historique lumineux de bout en bout. 

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