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SEANCE 3 : CUISINE CEREBRALE :

Finalement vider son sac à mots et maux une fois par semaine me soulage ou me met en rage.

Tout dépend du contenu !

Moi j'ai un sac de Mary Poppins, un sac poupées gigognes.

J’ouvre, je plonge et j’en sors des kilos.

Je descends, je farfouille, je suis une archéologue cérébrale.

Petite jusqu'à l'âge de 6 ans, je m'endormais en tenant la main de ma grand-mère, comme si, si elle me lâchait, je risquais de tomber dans les limbes profonds et inconnus du sommeil.

Comme en rappel, je m'accroche, et je grimpe pour remonter à la surface de sa vie.

Je suis une irrémédiable mélancolique peut-être parce que je suis née pendant la guerre d'Algérie.

À 6 mois, mes parents m’oublièrent dans un berceau sous une fenêtre et quand les balles fusèrent, ce fut la panique … Ils vinrent me chercher à quatre pattes.

Je ne me souviens de rien.

Et puis les souvenirs avec le temps, on les raccommode, on les remodèle, on les déforme, on les rend plus esthétiques.

Et quand il ne reste que vous, que les autres porteurs de souvenirs sont morts alors vous en faites ce que bon vous semble, de vos souvenirs, vous les réécrivez, et personne n'a à redire.

Au final, ils vous deviennent si familiers que vous êtes convaincus qu’ils sont vrais. Et vous vous battez  pour les défendre.

Qui peut démêler rêves et réalité, passé vécu et passé inventé ?

Et puis la mémoire s’effiloche au fil des années, le pull tricoté a perdu des mailles et fait des bouloches.

Amusant d’imaginer faire des fouilles dans son cerveau.

Que cherchez-vous ?

Soulever le couvercle de la marmite et remuer pour faire remonter à la surface ce qui est collé au fond,  faire une thérapie revient  à cuisiner ou à se cuisiner.

Je suis nulle en cuisine, ce n’est pas héréditaire, ma mère était un cordon-bleu et je n’ai pas jugé utile de suivre son exemple.

Mon père a fini avec un ventre énorme comme Pancho Villa.

Il aimait tellement manger.

Je ne tiens pas non plus à lui ressembler !

Je me suis construite en ne voulant pas être ceci, ni cela, ni comme ci, ni comme ça.

Devant le miroir de la salle de bains, je m’entraînais des heures durant  à sourire, car je n’aimais pas mon sourire.

Les autres m’ont fait aimer ce sourire, et maintenant je le porte fièrement et je souris, peut-être trop d’ailleurs.

 ALICIA RAHO  

 Lire la séance 4

 Texte tiré de "Monologue avec mon Psy©"

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