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SEANCE 91 : LES POLARS :

Dans la salle d’attente il y a une nouvelle affiche au mur qui annonce un Salon du roman policier .

Elle a été scotchée de travers, j’ai envie de la redresser.

J’en déduis que ma psy lit des polars, je ne l’imaginais pas appréciant ce genre littéraire.

Personnellement je déteste les polars.

Je ne regarde aucun thriller et  aucun roman noir.

J’ai une amie qui m’écrit  souvent :

Bienheureux les fêlés car ils laisseront passer la lumière. (Michel Audiard)

Elle peut citer cette phrase, car comme moi elle est fêlée !

Mais à l’inverse de moi elle a le nez d’une profileuse, elle aurait fait une excellente criminologue, avec son air juvénile et son esprit vif, heureusement ce n’est pas une sérial killeuse qui s’ignore.

Je dis que je suis fêlée car si je mets un nez dans un polar je ne peux plus fermer l’œil de la nuit. Quand j’interromps le cours de  ma lecture, au moment où je plonge dans le sommeil, je suis projetée sans ménagement dans le récit, provoquant à mon insu d’effroyables terreurs nocturnes.

Et  de toute façon même la lecture du livre achevé,  certaines scènes peuvent me poursuivre pendants des mois, revenant me hanter, me harceler .

Il n’ y aucune honte à ne pas vouloir se faire du mal .

Les polars me font mal !

Les détails sur l’autopsie, sur le crime, la psychologie torve de certains personnage, la mélasse noire où patauge le héros, le dénouement atroce … que de bonnes raisons de fuir ce rayonnage en librairie.

Dommage certaines couvertures sont envoutantes et me tenteraient si j’étais une autre.

« Sensible,  vous êtes parfois trop sensible. » Est ce que ma psy m’a vraiment dit cela ou je me fais des idées ?

Parfois je ne sais plus différencier ce qu’elle me dit de ce que ma voix intérieure me chuchote.

Certes je suis sensible et je l’assume, les larmes qui montent aux yeux, le dégouts de certaines situations, la gorge qui se noue, le nœud au ventre.

Sensible mais pas seulement, j’ai aussi une imagination débordante pas toujours au service du bon sens mais parfaite pour alimenter des peurs. 

Et si ma psy n’était pas ce qu’elle prétend être, et si elle cachait un terrible secret sous son air de bonne sœur en sucre.

Le grincement de la porte me fait sursauter .

Elle me sourit, et mes doutes s’envolent .
Je fais bien de ne pas lire de polar, je soupçonnerais tout le monde de vouloir me trucider...

 ALICIA RAHO 

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