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LA NEIGE NOIRE de Paul LYNCH :

 Dans son roman précédent,  Un ciel rouge, le matin” Paul Lynch avait fait de l’Irlande un personnage de roman terrible et sans pitié  qui poussait un jeune métayer à l’exil américain. Cette chanson irlandaise avait une âpreté à glacer le sang mais la beauté du texte, son lyrisme nous consuma l’âme jusqu’à la dernière ligne, jusqu’au point final. Un chef d’oeuvre qui entrait dans la chair du lecteur comme un soc d’acier dans la terre d’Irlande. Cette fois avec “La neige noire”, Paul Lynch fait le chemin à l’envers. Après un séjour de plusieurs années à New York, un irlandais, Barnabas Kane, rentre au pays et s’installe dans une ferme avec sa famille dans le Donegal.  Rapidement la situation se complique, un incendie va ravager son étable, tuant l’un de ses ouvriers de la ferme et décimant tout son bétail.  Ce malheur va être suivi de bien d’autres puisque les gens du village vont accuser Kane  d’être responsable de la mort de l’un des leurs. 

   La traduction de Marina Borason parvient à conserver les roulements de la langue vernaculaire qui traverse le roman comme un vent qui fait siffler les pierres du pays.  Lynch aime les récits violents  qu’il  traduit dans une écriture poétique vibrante et passionnée. Il y a un souffle homérique dans “La neige noire”, un souffle  : “Quand il a remarqué la présence du vieil homme, il est déjà tout proche de lui. Un antique faciès modelé par la langue du vent et de la pluie. Sous le parchemin de sa peau, ce ne sont pas des os qui se devinent , mais du bois de tourbe, comme s’il avait été engendré par la mousse, un être sans âge menuisé et sculpté par les soubresauts paresseux de la terre.”

On souffre avec Kane, on affronte l’indifférence et la dureté  de ce peuple austère. On se demande pourquoi il ne repasse pas une fois de plus l’Atlantique, pourquoi il se bat à ce point.  La réponse tient sans doute au combat des racines, celui d’un homme qui comme un Ulysse celte a choisi sa terre.   

Il faut lire ce roman comme un poème en prose poignant qui fait du destin d’un homme, qui s’interroge sur son identité profonde, le coeur brûlant d’un récit flamboyant. Un roman de terre et larmes qui porte l’art de raconter une histoire à des sommets et confirme Paul Lynch comme l’un des grands littérateurs anglo-saxons. 

ARCHIBALD PLOOM 

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