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VI de Kim THÚY :

   Kim Thúy, écrivaine canadienne d’origine vietnamienne pousuit, après « Ru » qui obtint un considérable succès, puis « Mãn », l’exploration de son identité double. Né à Saigon pendant l’offensive du Têt, Vi dont le prénom signifie « Précieuse minuscule » est le dernier enfant et la seule fille d’une famille riche de Saigon. Son grand père qui fonda la dynastie Lê Vãn An était diplômé de la faculté de droit de la faculté d’Hanoï à titre « d’indigène ». La France s’occupait de l’instruction des autochtones mais n’attribuait pas la même valeur aux diplômes obtenus dans les colonies. Cette différence de statut n’empêcha pas le grand père de Vi de devenir un juge respecté mais aussi un propriétaire foncier aux revenus importants. Pour le fils et les petits enfants la vie était simple. L’empire Lê Vãn An était si considérable que tous étaient à l’abri du besoin. La mère de Vi est une fille de Dà Lat, la partie la plus agréable du Vietnam car la température y est infiniment plus douce qu’ailleurs. C’est un lieu de villégiature important pour les européens et les grandes familles vietnamiennes. En effet dans ce pays on ne cherche pas le soleil mais la douceur. La famille Lê Vãn An possède une maison à Dà Lat. C’est ainsi que les parents de Vi se rencontrèrent.

Tout aurait été parfait si la guerre n’avait pas fait basculé le destin des Lê Vãn An. Les communistes n’aiment guère les grandes fortunes et il faudra bientôt se résoudre à quitter le pays en s’embarquant sur des bateaux de fortune. Vi qui n’a que dix ans, vit alors l’aventure effrayante des « Boat People ». Son père reste au Vietnam et sa mère qui a une forte personnalité va réussir à sauver sa famille. Pour Vi une nouvelle existence commence. C’est un choc culturel. Le frère ainé de la famille, Long, va alors porter le poids du rôle de chef de famille. Vi va grandir dans un environnement nouveau dont elle va apprendre à apprivoiser la nouveauté et l’imprévisible.
Des années plus tard Vi va revenir au Vietnam lors d’une mission professionnelle. Des interrogations la submergent, des inquiétudes aussi mêlées d’espoir. Que reste-t-il du pays perdu ? Quelle sera sa vie après y être retourné ?
« Vi » est un livre fort sur l’exil. Que reste-t-il quand tout a été perdu, fracassé, disloqué aux quatre coins d’une mémoire d’enfant. « Vi » est aussi un livre d’espoir quand l’adulte redonne soudain du sens au passé pour vivre mieux son présent.

Appoline SEGRAN

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