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LA GAUCHE A PERDU SA BOUSSOLE OFFRONS LUI UN GPS de Laurent GRANGUILLAUME :

 Laurent Granguillaume est député de la Côte d’Or et occupe les fonctions de membre de la commission des finances de l’Assemblée nationale. Son ouvrage n’a rien d’une apologie de la politique menée par le gouvernement mais constitue plutôt une solide réflexion sur les grands enjeux économiques auxquels les dirigeants politiques et économiques sont confrontés actuellement. Pour lui la Gauche a perdu les repères qui lui permettaient jusqu’à maintenant d’orienter ses décisions.

La réflexion de Laurent Granguillaume se pose alors en deux temps : d’abord un constat sans appel suivi d’une série de pistes qui pourraient constituer le socle à partir duquel la gauche réformiste pourrait se reconstruire et constituerait une troisième voie. On retrouve dans son constat de départ certaines idées du philosophe Bernard Stiegler autour du concept de disruption. Les avancées technologiques vont si vite qu’on les subit sans être réellement capable de les penser que ce soit dans les domaines du numérique, de l’écologie ou concernant ce qu’on appelle désormais le technocapitalisme.
Pour Granguillaume l’urgence tient justement au fait de prendre le temps de penser ces évolutions considérables qui changent la vie des gens comme l’ubérisation par exemple. Ils se demandent de quelles marges d’action le politique dispose pour agir. Il s’agit alors de faire preuve de pragmatisme et d’accepter des idées qui ne viennent pas uniquement de sa seule famille politique. Granguillaume reprend à ce titre la démarche d’Edgar Morin sur la pensée complexe : éviter à tout prix de disjoindre mais essayer de relier des concepts pertinents pour avancer.
La troisième voie proposée par Granguillaume passe dans un premier temps par la nécessité absolue de repenser le travail. Pour lui le chômage n’a plus rien de conjoncturel puisqu’il est présent depuis des décennies et touche plusieurs générations. Le système technocapitaliste détruit des emplois dans tous les domaines concernant du coup tout le monde. Un nouveau contrat social est donc nécessaire alliant flexibilité et sécurité. Il s’agit aussi de réinventer des utopies réalistes et de redonner du sens à une société ou la souffrance au travail, le stress et le burn-out sont, désormais, devenus des termes attachés à l’idée même de travail. Laurent Granguillaume propose une “économie de la contribution” plutôt que de l’appropriation comme le suggère Stiegler. Il voit dans le développement des villes intelligentes l’une des sources de progrès et de croissance de demain. Et si l’auteur a une vision de l’entreprise profondément démocratique, il pense que nous somme entrés dans l’ère des petites entreprises durablement liées à un territoire et se fédérant en grappes et coopérant avec de grandes entreprises.
Cet ouvrage de Laurent Granguillaume qui explore aussi notre approche migratoire, les questions du service public et de la sécurité sociale, l’art et l’école, constitue une véritable boite à outils pour l’avenir ainsi qu’un manifeste pour un nouvel humanisme. Un bon livre pour tous ceux qui cherchent des concepts pour penser demain.
Hugues DE SINGLY 

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